Des heurts violents ont éclaté jeudi dernier entre citoyens et forces de l’ordre dans la wilaya déléguée d’El Meghaier, situé à 165 km de la wilaya d’El Oued, suite à une marche réclamant la réparation des routes dégradées sur de nombreux tronçons de la wilaya, avant que l’accalmie ne revienne dans la matinée de vendredi. Selon des témoins oculaires, une manifestation «pacifique» de deux jours s’est transformée en de violents heurts après que les éléments des forces de l’ordre ont usé de la force pour disperser la foule qui occupait la RN3.

Par Chahinez Douadi
«La police a tiré des balles en caoutchouc et lancé du gaz lacrymogène pour disperser la foule, ce qui a suscité l’ire des manifestants et provoqué des affrontements entre les deux parties». Cet affrontement interviennent suite à une marche de contestation provoquée par deux accidents successifs de la route. L’axe reliant le sud de Biskra à Djamaâ est considéré depuis une décennie comme étant un tronçon de la mort. Des accidents mortels ont lieu fréquemment. Le dernier accident en date, survenu lundi, a fait 3 morts et 10 blessés, alors que, la veille, un autre accident a fait quatre morts. Les habitants d’El Meghaier se sont dirigés au départ vers le siège de la wilaya déléguée, tandis qu’une partie s’est rendu au siège de la Sûreté pour réclamer la libération des jeunes arrêtés lors des affrontements qui se sont produits le matin. Des affrontements ont à nouveau éclaté faisant «plusieurs blessés» dans les deux rangs et se sont par la suite étendus aux communes de Sidi Khelil, Stil, Oum Tiour, Tendla, Choucha et les plus violents, à Sidi Amrane et la commune de Meghaier. L’état défectueux des routes préoccupe les riverains qui demandent leur réhabilitation en lançant dans l’immédiat des travaux de dédoublement. Le wali d’El Oued a installé une cellule de crise pour contenir la situation, appelant, dans un communiqué rendu public, les habitants «au calme» et en leur assurant que leurs revendications seront prise en charge. Il en est de même pour les imams qui ont appelé, dans la soirée, tous les citoyens à regagner leurs domiciles par crainte que la situation n’empire.
Le projet devrait coûter 800 milliards
La députée MSP Saliha Kachi, qui s’est déplacée à Alger à la demande des citoyens pour se renseigner de l’état du projet qui est sur la table du ministère des Finances, qui compte après étude lui réserver un budget. «On aura la réponse quand le ministre, Abderrahmane Raouya, en déplacement en Russie, sera de retour au pays», dira la députée. Les travaux de dédoublement coûteront, selon Abdeljawad Zahana, directeur délégué du transport et travaux publics de la wilaya, 800 milliards de centimes au Trésor. Il explique, à ce sujet, qu’une étude du projet a été finalisée et qu’il ne reste que l’octroi de l’enveloppe financière pour lancer les travaux. Cette route, tient à rappeler, Mme Kachi, est considérée comme un «axe vital pour l’économie nationale». Environ 8 000 véhicules empruntent cette route chaque jour, dont 55 % sont des camions et des semi-remorques transportant du carburant, des engins, des équipements industriels et aussi des produits alimentaires, souligne la députée, avant de rappeler les efforts entrepris par les uns et les autres pour contenir la situation, ainsi que ses tentatives personnelles pour contacter les autorités concernées, à savoir le ministère des Travaux publics et celui des Finances. n