Le président du mouvement El Islah, Filali Ghouini, est revenu hier lors d’une conférence de presse à Alger sur les « nombreux actes de fraude » qui ont été enregistrés dans plusieurs centres de vote disséminés à travers l’ensemble de la wilaya lors des élections locales du 23 novembre dernier.

Le parti El Islah de Filali Ghouini, qui a préféré faire cavalier seul, n’a obtenu aucune APC, d’après les résultats du ministère de l’Intérieur. Il a seulement décroché 63 sièges des APC au niveau de 15 wilayas, alors que pour les APW, le parti n’en a obtenu aucune sur les 48 en jeu. Intervenant, hier, lors de l’ouverture de la session ordinaire du bureau national, organisée à son siège, le chef de cette formation politique de la mouvance dite « islamiste », a estimé que les élections locales du 23 novembre dernier ont été marquées par « une fraude flagrante », mettant, notamment, en avant le fait que les procès-verbaux de dépouillement ont subi des changements. Il a dénoncé la « fraude électorale » et surtout les « dépassements » commis par « l’administration », le « bourrage des urnes en faveur du FLN » au niveau de la plupart des centres de vote, affirmant que les résultats obtenus par son parti « ne reflètent en rien la réalité ». Donnant des exemples, l’interlocuteur dira que « dans la wilaya de Sétif, nous avons obtenu pas moins de 18 276 voix, et ce, preuve à l’appui ». Poursuivant, il affirmera que « plusieurs chefs de centres nous ont confirmé qu’ils ont reçu des directives de la part du wali de Constantine. Et au moins 10 000 voix ont été ajoutées en faveur du FLN dans la wilaya de Constantine », a-t-il accusé. Il exige dans ce cadre « une commission parlementaire pour enquêter sur les dépassements et ester en justice tous ceux qui ont été complices de cette mascarade électorale », les accusant d’avoir changé des P-V de dépouillement dans plusieurs centres de vote à travers le pays. Il rappelle, à ce propos, que même le Premier ministre et non moins chef du RND, Ahmed Ouyahia, s’est plaint de la fraude même s’il a refusé de la nommer ainsi. D’autre part, le mouvement El-Islah affirme avoir déposé des recours argumentés et documentés auprès des tribunaux administratifs dans plusieurs wilayas. Cela dit, « même le dépôt était un vrai parcours du combattant », expliquant que « la majorité, pour ne pas dire tous les recours, ont été jugés irrecevables sur la forme et d’autres rejetés pour non-fondement ». Il a critiqué, en outre, « la mauvaise gestion » par les personnes en charge du dossier des élections dans certaines wilayas, déplorant « une faible maîtrise des lois régissant le processus électoral, outre le parti pris de l’administration dans certaines wilayas en faveur de certains partis ». Ghouini a évoqué, dans ce sens, ce qu’il a qualifié de « décisions injustifiées des tribunaux administratifs sur les motifs de rejet des listes de candidature ». Enfin, Ghouini a rappelé que son parti a présenté « près de 100 listes de candidature pour les Assemblées populaires communales (APC) et 16 pour les Assemblées populaires de wilaya (APW) ».