C’est à partir de la Maison de la culture M’hamed-Yazid de Khroub, Constantine, que Filali Ghouini, sans surprise et encore moins de suspense, a exhorté ses militants à œuvrer pour mener une campagne pour la présidentielle du 18 avril au profit de Abdelaziz Bouteflika «qui va se présenter pour un cinquième mandat».

Présent à Constantine pour l’installation du conseil de coordination du parti El Islah pour les wilayas de l’Est, Filali Ghouini,
a déclaré que son parti «attend à ce que le président réponde favorablement à la demande de son parti pour un cinquième mandat». «Il est temps pour nous et pour les militants de cesser le nomadisme politique et de se mettre tous derrière le même homme, le président Bouteflika, le seul à même de conduire à terme les réformes mises en branle à partir de 1999», dira encore le leader d’El Islah.
Avec un décodeur, les présents à la salle M’hamed-Yazid auront compris que le message s’adresse aux militants ayant fait défection dans les rangs d’El Islah, entre élus des APC et des APW, opposés au fait de se mettre derrière le Président actuel, estimant, comme nous l’ont confirmé des militants du parti ayant «gelé» leurs activités militantes, «qu’un parti d’opposition ne doit pas cautionner un candidat à une quelconque joute électorale, sauf si ce candidat est issu de son propre parti, et ce n’est pas le cas avec Bouteflika». «Mais au cas où le président Bouteflika ne répond pas à l’appel d’El Islah (sic), notre parti ne restera pas à l’écart de la présidentielle et participera, plus qu’avant, aux nombreux processus d’édification et de développement de la nation. Et nos militants seront présents pour répondre à l’appel de la nation pour participer, quand même, sereinement et positivement à l’élection d’avril 2019», soulignera, Filali Ghouni, qui restera flou quant au soutien de son parti à un autre candidat si Bouteflika déclinait sa participation à l’élection présidentielle, même s’il a déclaré être «résolument contre la politique de la chaise vide».
Puis, le «macronisme» ayant commencé à faire ses effets même au-delà de l’Hexagone, Ghouini recommandera au gouvernement actuel et au prochain issu de l’élection «d’établir un programme très vaste pour des concertations entre toutes les franges de la population pour venir à bout des problèmes au quotidien que vit le peuple».
Il ira encore plus loin, estimant que la politique des salaires ne doit pas être discutée uniquement lors des tripartites, puisque, affirmera-t-il, «beaucoup de travailleurs sont aujourd’hui adhérents à plusieurs autres syndicats, représentatifs, mais qui ne participent pas à la défense de leurs adhérents faute d’invitations aux débats les concernant». La perte de vitesse des partis islamistes, et à travers les déclarations de Ghouini à partir de Constantine, est confirmée, car à défaut d’être derrière un candidat unique représentant leurs convictions politiques et autres, El Islah illustre le désarroi des mouvements qui remplissaient, il y a quelques années, des stades entiers. <