Le spécialiste en géopolitique,  El Haoues Taguia, a animé une rencontre intitulée « Culture et mondialisation », à l’espace Esprit Panaf  avant-hier, à la veille de la clôture de l’édition  2018 du Salon international du livre d’Alger (SILA)

où il a exposé de nombreux problèmes posés par la question épineuse de la mondialisation qui affecte de nombreux pays et ses effets négatifs. Le conférencier a ainsi affirmé qu’«on pensait que plus on ouvrirait le marché à l’internationale, plus les profits seraient importants. Malheureusement, c’est  le contraire  qui s’est produit avec l’augmentation du nombre de pauvres et la perte des particularités culturelles, religieuses et linguistiques». Ajoutant que  «la communication entre les peuples, dans le contexte de la mondialisation, ne signifiait pas une plus grande compréhension et l’ouverture des marchés et non seulement augmentait la richesse, mais amplifait la pauvreté», a-t-il expliqué. Dans le même contexte, l’orateur a précisé que «les grandes entreprises s’orientent vers des marchés où la main-d’œuvre est bon marché et où les pauvres ne trouvent aucun compromis et se retrouvent exploités. Plusieurs pays se référant à la politique de concurrence pour réaliser des investissements visant à réduire les salaires des ouvriers».
Afin d’illustrer ses propos,  il a donné l’exemple de la Chine qui, selon lui,  est devenue «un marché géant, qui attire les grandes entreprises américaines», a-t-il dit. Expliquant que «les Chinois sont beaucoup moins bien payés que les Américains et leur pays n’autorise aucune formation de syndicats».
Il explique ainsi que par conséquence, cela a entraîné un taux de chômage exacerbé des Américains en raison de la fermeture de certaines entreprises et usines à cause de l’investissement des grandes compagnies américaines dans des marchés à main-d’œuvre bon marché sur les continents asiatique et africain. L’intervenant a aussi souligné que «la mondialisation vit actuellement une crise suffocante, la preuve se résume aux appels et aux mesures prises par le président des Etats-Unis concernant la levée du tarif douanier».  Précisant que «cette crise était enracinée en 2007/2008, alors que les banques américaines commençaient à accorder des prêts à la consommation à tous sans fournir aucune garantie à l’emprunteur. Ceci a conduit les Américains à se précipiter pour acheter des logements et les prix plus élevés avaient une demande moins forte, ce qui avait entraîné  l’incapacité des banques à récupérer leur argent. Ces prêts sont devenus des « emprunts toxiques dont l’impact a touché l’économie mondiale».
Selon le spécialiste, face à une crise de faillite, «le gouvernement des Etats-Unis a injecté de l’argent pour renflouer les banques et cela a aggravé la situation en une crise de dimensions économique, sociale et politique dont l’onde de choc a touché  tous les pays», a-t-il déclaré. Selon lui, le président Donald Trump est «le seul à avoir profité de cette situation misérable pour dire aux Américains que les Chinois, les Mexicains et les musulmans sont la cause de cette crise, rejetant ainsi la faute sur eux et déstabilisant ainsi  le monde entier»