Avec le retour d’E Hadjar dans le giron du groupe Sider, une nouvelle page s’ouvre pour ce complexe industriel ouvert pour la première fois en 1969 et considéré pendant longtemps comme le fleuron de l’industrie algérienne et le symbole de notre capacité à se hisser aux niveaux de développement et d’émergence économique requis.

De cette époque, faut-il le dire d’emblée, il ne reste presque rien ou presque sauf la ténacité des pouvoirs publics de tout essayer depuis le début des années 2000 pour maintenir en activité ce mastodonte de la sidérurgie nationale : des aides en milliards de dinars, une ouverture au capitale privé international, celui d’Arcelor Mittal en particulier, un des géants mondiaux de la filière, une renationalisation tant spectaculaire que coûteuse pour l’Etat, puis, encore, de nouveaux soutiens financiers de plusieurs millions de dollars pour réparer les fours et les fonderies vieillissantes ou en panne.
La logique de tous ces efforts et prises de risque repose sur la conviction qu’El Hadjar n’est pas épuisé et qu’il est encore en mesure d’apporter à l’Algérie la performance dont elle a besoin de matière de production sidérurgique, cela au moment où le grand dessein de l’Etat et de ses gouvernements qui se sont succédé depuis le milieu de la décennie 2000 est de réaliser le grand bond industriel en avant et de faire du pays un territoire manufacturier d’est en ouest et du nord au sud. Soit. Entre la théorie et la réalité pratique, il y a cependant un fossé au milieu duquel se voit depuis plusieurs mois une incapacité des gestionnaires du complexe à réparer et mettre à niveau l’outil de production comme il s’est agi du haut fourneau numéro 2 devant être opérationnel depuis des mois déjà mais dont les travaux de réhabilitation et de modernisation estimés à 900 millions de dollars ne sont pas encore achevés.
« Ce sera pour les prochains jours », dit-on du côté d’Annaba où l’on signale un phénomène encore plus inquiétant et caractérisé par la difficulté à trouver un remplaçant au top manager actuel et candidat au départ à la retraite. Les candidats au poste de P-DG, chuchote-t-on, ne se bousculent pas au portillon car ils savent combien la direction de ce complexe est délicate et les résultats non garantis…. On peut croire le gouvernement et le ministre de l’Industrie et des Mines qui jure que tout est à venir au complexe sidérurgique, mais rien de tangible ne semble le prouver actuellement. Sauf le sauvetage, sans doute légitime, des milliers d’emplois… Mais jusqu’à quand alors que l’heure de la crise tourne toujours dans le sens inquiétant de la raréfaction de la ressource publique.