Propos recueillis par Leila ZAIMI
Reporters : La journée de samedi a été particulièrement marquée par les prix des légumes. La pomme de terre a été cédée à 110 dinars le kilo dans certains marchés d’Alger, la carotte à 100 dinars, la tomate 180. Pourquoi de tels prix pour des produits de base ?
El Hadj Tahar Boulenouar :
La flambée des prix des fruits et légumes aux premiers jours du mois de jeûne était prévisible comme chaque année. La forte demande du consommateur engendre forcément une hausse des prix, accentuée par l’arrivée dans le circuit d’intermédiaires et même de petits revendeurs, dont les marges influent sur les prix en bout de chaîne. Dans le cas que vous citez, un autre facteur est entré en jeu. L’élément météorologique a joué son rôle et la pluie de ces derniers jours a compliqué l’opération de la récolte. Les produits de la terre se récoltent quotidiennement contrairement aux autres produits, car de nombreux agriculteurs n’ont pas de moyens de stockage et beaucoup préfèrent opérer directement du champ au marché.

Comment le marché va-t-il se comporter, selon vous, à la deuxième semaine du Ramadan ?
D’après nos relais et nos représentants dans les régions, on assure et on rassure que les prix des fruits, des légumes et de la viande blanche devraient connaître une accalmie et retrouver leurs cours normaux dans les prochaines 24 à 48 heures au maximum. Les consommateurs devraient constater une baisse sensible des prix des aliments de base et de large consommation. On espère une amélioration de la météo, mais même le temps ne devrait plus être un motif pour assister à une persistance de la flambée des prix. Ce sera maîtrisable, c’est ce que nous ont confirmés les commerçants.

On a parlé de marchés de proximité pour calmer la mercuriale. Il semble que ce n’est pas un succès. Pourquoi ?
Nous avions prévu l’installation de près de 800 marchés de proximité couvrant le territoire national. Ces marchés sont faits sous forme de foire ou de marchés de rahma, où les produits sont à bas prix, sans grosse marge. Cette opération ne s’est pas concrétisée totalement, car beaucoup de représentants de commerçants ont rencontré des difficultés bureaucratiques au niveau des autorités locales. Ils affirment qu’ils n’ont pas encore reçu l’autorisation administrative d’aménager les marchés en question. Certains représentants de communes prétextent avoir été très occupés à préparer les législatives de 12 juin prochain. Nous ne pouvons donc pas dire que le projet a échoué, puisque beaucoup de commerçants n’ont pas pu obtenir le permis d’aménager des espaces de vente.

Est-ce qu’il y a une initiative de la part de l’ANCA dans le sens d’une maîtrise des prix ?
Nous allons continuer ce que nous faisons depuis toujours et, en particulier, depuis bien avant le mois de Ramadan. Notre association oeuvre à la maîtrise des prix. Nous avons procédé à un ensemble d’actions pour que les prix restent à la portée de tout le monde. Nous avons organisé des campagnes de sensibilisation contre la spéculation, le monopole et toute pratique qui n’est pas en faveur du consommateur et du citoyen. Nous continuons à faire ce travail en dépit de toutes les difficultés rencontrées sur le terrain.