Il semblerait qu’il y a certaines déroutes qui délient les langues et incitent certains à prendre leur courage à deux mains. Des bides qui éveillent les consciences pour faire constater que le mouvement sportif national ne voit que le vide. Des échecs à répétition. Dans toutes les disciplines. Sans aucune exception.

Même le football, sport du peuple et porteur du flambeau de l’Algérie des sports ces dernières années, n’est plus l’éclaircie dans le ciel obscure qu’on connaissait.

L’élimination prématurée, jugée « humiliante » par le ministre de la Jeunesse et des Sports El Hadi Ould Ali, de l’équipe nationale de la Coupe d’Afrique des nations 2017, qui a pris fin hier au Gabon, a donné naissance à une vague de contestations sans précédent à l’encontre de Mohamed Raouraoua, patron de la balle ronde au pays. Bien sûr, le premier responsable du sport-roi se doit, « comme tout responsable », de « présenter le bilan de la participation de l’équipe nationale à la Coupe d’Afrique des nations » comme l’a demandé le patron du MJS. L’échec sportif est là. Et il est des plus cuisants pour le potentiel humain et l’opulence financière dont jouit la sélection. Mais de là à demander à ce que « le président de la FAF comme les joueurs » présentent « leurs excuses au peuple algérien suite à l’élimination de l’équipe nationale au premier tour de la CAN », cela n’est que démagogie et… imitation. À ce qu’on sache, l’Algérie n’est pas « Bongoland ». Les espérances du peuple et du pays ne se résument pas aux résultats réalisés dans un tournoi de football ou dans des Olympiades.

Les coupables sont en nombre
Petit retour en arrière. Rien que l’été dernier, sur les terres brésiliennes, la délégation algérienne, composée de 46 athlètes outre la sélection des U23 de football (18 joueurs), a coulé.
Certains disent que Raouraoua avait promis le titre continental. Pour notre part, on rappellera que Mustapha Berraf, président du Comité olympique algérien (COA), avait affirmé tabler sur « 4 médailles » à Rio. La récolte finale s’est résumée aux deux podiums de Taoufik Makhloufi décoré d’argent sur 800 et 1500 m. C’en est suivi le réquisitoire du natif de Souk Ahras qui a dénoncé et mis à nu la gestion chaotique et l’environnement malsain au sein du COA. Le demi-fondiste est allé jusqu’à accuser les responsables de « trahison » pour ce qui est des moyens financiers devant être alloués à sa préparation pour le prestigieux rendez-vous.
On ne reviendra pas sur le « bashing » du double vice-champion olympique. Cela est juste une piqûre de rappel pour ceux qui nagent avec la vague des médias de la haine qui choisissent les bouc-émissaires selon leurs propres critères. Après le retour du « pays de la Samba », la campagne contre ceux qui ont orchestré la mascarade des Olympiades s’est vite estompée. Quant à la machination qui vise le numéro 1 de la bâtisse de Dely Ibrahim, dont les jours sont désormais comptés à la tête de l’instance fédérale, elle a atteint un pic inqualifiable d’acharnement. D’accord, les 20 milliards de centimes qu’a couté la CAN sont un investissement considérable, oui Raouraoua a joué, avec l’argent propre à la fédération qui est indépendante financièrement, et a échoué. Ceci étant, le COA a, lui aussi, eu droit à 31 milliards de centimes, de subventions de l’Etat, pour préparer les JO de Rio, et le résultat des courses tout le monde le connaît.
Les deux boss ont failli à leur mission. La partie de poker a mal tourné avec des mises conséquentes qui ont volé en éclat sans brio. Et quand on perd, on ne peut pas rester à table. Epargnez-nous les traitements favorables et les jugements sélectifs messieurs. Pour finir, il y a une belle promesse, la énième qu’Ould Ali fait. « Nous sommes en train d’évaluer les fédérations sur les plans financier et administratif, et ce, avant l’organisation des assemblées générales électives. Celui qui a échoué dans sa mission durant le mandat olympique 2013-2016 doit céder sa place. Un contrat d’objectif a été signé par les fédérations et sur cette base qu’on va évaluer le rendement de chaque instance», a révélé l’homme fort du bâtiment sis à la place 1er mai 1945.
Des mots qui ressemblent à ceux proférés le 17 novembre dernier concernant le temple du 5-Juillet qui a couté 400 millions d’euros quand on cumule ses réfections depuis 1981.
«Nous avons mis en place une commission ministérielle pour déterminer les responsabilités de cette dégradation et prendre les mesures qui s’imposent. Nous sommes dans l’obligation de gérer d’une manière rationnelle les deniers publics», avait-il tempêté annonçant même le limogeage imminent du directeur du complexe Youcef Kara qui a rhabillé l’enceint en deux fois dans un laps de temps éclair pour des dizaines de milliards. Ce dernier est toujours en place…