Un Egyptien est mort dans la nuit de vendredi à samedi lors de heurts entre manifestants et policiers dans un village au sud du Caire, pendant un rassemblement appelant à la chute du président Abdel Fattah al-Sissi, selon des sources familiales et médicales. Des dizaines de personnes ont organisé ces derniers jours de petites manifestations antigouvernementales dans des villages égyptiens, d’après des vidéos largement partagées en ligne, notamment par des sympathisants des Frères musulmans, interdits dans le pays. L’homme décédé a été visé «lors de heurts avec la police qui dispersait une manifestation appelant au renvoi de M. Sissi», a affirmé à l’AFP un membre de sa famille. «Le corps d’un homme marqué par des tirs de grenailles au visage et à la poitrine est arrivé à l’hôpital dans la nuit samedi» ont indiqué des sources médicales à l’hôpital al-Ayat de Guizeh, dans la banlieue de la capitale égyptienne. Une source sécuritaire assure que la police n’a pas utilisé de grenailles mais seulement des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Une enquête est en cours, selon cette même source. Des avocats influents ont rapporté sur Facebook l’arrestation de plus de 150 personnes lors de ces rassemblements. Les manifestations sont interdites en Egypte depuis 2013 et la destitution du président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans. L’état d’urgence est en vigueur depuis 2017 dans le pays. Ces petites manifestations ont lieu après que Mohamed Ali, un célèbre homme d’affaires en exil, a récemment pressé les Egyptiens à descendre dans la rue pour protester contre M. Sissi et le gouvernement. M. Ali, entrepreneur dans le secteur du bâtiment et acteur, avait émergé sur la scène politique égyptienne l’année dernière en publiant des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, accusant de corruption le président égyptien et l’élite militaire. Ces vidéos avaient abouti le 20 septembre 2019 à de rares manifestations rassemblant des centaines de personnes au Caire et dans plusieurs autres villes égyptiennes. Après ces rassemblements, quelque 4.000 personnes avaient été arrêtées, soit la pire vague de répression depuis l’arrivée au pouvoir de M. Sissi en 2014, selon les organisations de défense des droits humains.