Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a mis en garde dimanche contre des tentatives de déstabilisation du pouvoir à la suite d’appels à manifester de la part d’opposants à son gouvernement. «Certains ont essayé ces dernières semaines de profiter de la situation (qui résulte) des mesures fortes que nous prenons», a-t-il déclaré dimanche lors de l’inauguration d’une raffinerie au nord du Caire. Les opposants qui ont appelé à manifester ont choisi de «blesser et de semer le doute parmi les Egyptiens sur ce que nous faisons», a ajouté le président Sissi, dont le discours était retransmis à la télévision. Des manifestants en nombre limité ont été aperçus ces derniers jours dans plusieurs villages, dans des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, en particulier par les sympathisants des Frères musulmans, mouvance interdite en Egypte. Ces rassemblements ont eu lieu dans un contexte de colère, en particulier dans les zones rurales, face aux réformes économiques menées par le gouvernement depuis 2016 et à une campagne visant à faire cesser les constructions illégales, à l’aide notamment d’amendes aux contrevenants. Un entrepreneur égyptien vivant en Espagne, Mohamed Aly, critique de M. Sissi et de l’armée, avait appelé à des manifestations, des appels relayés par des médias proches des Frères musulmans. Plusieurs vidéos de manifestants se sont avérées fabriquées (ou fausses..) selon la cellule Fact-checking de l’AFP chargée de vérifier les informations circulant sur les réseaux sociaux. Dans son discours, M. Sissi a remercié les Egyptiens de ne pas avoir répondu aux appels à manifester. Dans la nuit de vendredi à samedi, un homme est mort lors de heurts entre manifestants et policiers dans un village au sud du Caire, pendant un rassemblement appelant à la chute de M. Sissi. Des avocats défenseurs des droits humains ont indiqué sur Facebook que plus 150 personnes ont été arrêtées dans les manifestations. Le procureur général a indiqué dimanche dans un communiqué avoir ordonné la libération de 68 mineurs arrêtés durant les rassemblements. Depuis 2013, les manifestations ont été interdites et la répression s’est étendue aux militants laïcs et de gauche. Et l’état d’urgence est en vigueur depuis 2017 dans le pays.