L’affaire agite l’Egypte entière et cela se lit sur ses journaux : l’ancienne étoile du football national Mohamed Aboutrika, a été placé par un tribunal du Caire sur une liste des personnes considérées comme «terroristes». L’ancienne vedette du ballon rond, meilleur joueur africain en 2013, est soupçonné d’avoir lien avec les Frères musulmans et d’avoir financé leurs activités alors que leur confrérie est classée «organisation terroriste «dans le pays. La mesure touchant Aboutrika a eté prise la semaine dernière, et concerne plus de 1.500 personnes, dont l’ex-président Mohamed Morsi, actuellement derrière les barreaux. Selon la loi anti-terroriste adoptée en 2015, toute personne suspectée de «terrorisme «est frappée d’une interdiction de quitter le territoire, son passeport lui est retiré et ses avoirs gelés. Mohamed Aboutrika se trouve actuellement au Qatar où il commente pour la chaîne beIn Sports les matchs de la CAN-2017 qui se déroule au Gabon, a indiqué hier mercredi à l’AFP son avocat Mohamed Osman. Me Osman a estimé que la décision du tribunal était «contraire à la loi «, puisque l’ancien joueur «ne fait l’objet d’aucune condamnation et qu’aucun chef d’accusation ne lui a été formellement notifié». «Nous allons faire appel de cette décision devant la Cour de cassation», a-t-il assuré.
Les réactions indignées ne se sont pas faites attendre en Egypte, où le hashtag îAboutrika_n’est_pas_un_criminel s’est popularisé sur Twitter. «Nous allons tous continuer à le défendre et je vais continuer à le soutenir jusqu’à qu’il y ait des preuves contre lui, même si je doute qu’un homme de son calibre puisse agir contre l’Egypte», a réagi sur son compte Twitter la star du football égyptien Ahmed Hossam «Mido», «Au lieu d’inscrire son nom sur une liste des champions, on le met sur une liste des terroristes «, a déploré l’animateur de télévision Waël al-Ebrachi. En mai 2015, une commission du ministère de la Justice chargée de la confiscation d’avoirs appartenant aux Frères musulmans avait gelé ceux de M. Aboutrika, notamment ses actions dans son agence de voyages. A l’époque, l’ex-footballeur avait nié que sa société ou ses partenaires aient financé la confrérie islamiste. Ce gel est toujours en vigueur, malgré deux décisions judiciaires qui réclamaient sa levée, selon son avocat Me Osman. L’ancienne vedette du club cairote Al-Ahly avait publiquement apporté, lors de la campagne présidentielle de 2012, son soutien à Mohamed Morsi, le candidat des Frères musulmans, destitué un an plus tard par l’ex-chef de l’armée et actuel président Abdel Fattah al-Sissi.