La reconduction du confinement pour une nouvelle période de deux semaines comporte une nécessité sanitaire, mais n’en exige pas moins un surplus de sacrifices pour une catégorie de citoyens dont le revenu dépend de leur activité commerciale. Il y a de fait une véritable incompréhension de la part de professionnels concernant l’avenir de leurs activités légales. La pandémie semble partie pour durer et il est devenu clair qu’il faudrait désormais savoir vivre avec ce fait plutôt que de se limiter à un cantonnement sans fin qui risque de provoquer d’autres dommages. Il y a manifestement une pression de plus en plus palpable pour un retour à l’activité dite normale. A Béjaïa, Ghardaïa et à El-Eulma les commerçants ont exprimé une lassitude concernant une situation devenue pénible pour eux. Une situation accentuée par la précarité du lendemain et le peu de foi en l’administration locale, qui annonce mordicus devoir compenser les plus sinistrés par l’interdiction d’activer. Il y a, à l’évidence, un mécontentement qui exprime une inquiétude de pans entiers de commerçants qui appréhendent un lendemain incertain. Il est indéniable que le commerçant, contraint de baisser rideau depuis plus de deux mois, est l’une des premières victimes de la pandémie. Le début de déconfinement méthodique en cours dans des pays européens, frappés lourdement par la pandémie, ajoute à l’incompréhension de nos commerçants. Ces derniers promettent de respecter scrupuleusement les consignes de sécurité sanitaire pour peu qu’on leur permette de renouer avec leurs activités. Certains s’inquiètent déjà pour une année qui s’annonce visiblement à perte. Il faudrait mieux une activité minimale qu’un long congé aux lendemains incertains. Le gouvernement devrait, les semaines prochaines, se retrouver face à un véritable dilemme, celui de rassurer des commerçants entrés en inactivité forcée depuis plus de deux mois et la nécessité absolue de limiter encore le mouvement pour raison sanitaire. Un choix à faire qui ne sera visiblement pas celui du scientifique mais celui du politique.