La fin du premier trimestre dans les établissements de l’Education nationale ne peut pas présenter un bilan identique pour les trois paliers du secteur. Le cycle primaire s’est, en effet, distingué par un trimestre très perturbé par un débrayage qui a créé du désordre dans de nombreux établissements scolaires.
La grève lancée depuis la mi-octobre dans ce palier a créé une situation de malaise au vu, notamment de l’identité de l’initiateur qui n’est pas connu parmi les organisations syndicales du secteur. Au vu aussi du mode de débrayage privilégié qui a vu des enseignants de ce cycle opter pour une grève de trois jours chaque semaine. Une situation qui aura duré plus de deux mois jusqu’à mettre en stand-by la tenue des examens de fin d’année au grand dam des parents d’élèves qui ne savaient à quel saint se vouer. Inscrit dans la durée, la grève a enfoncé une situation conflictuelle entre les deux parties, marquée par le discours de fermeté, voire de menace, de la part du ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, à l’égard des grévistes. Même les tentatives de médiation entre les parties en conflit n’ont pas débouché sur les résultats escomptés. Pire, le responsable du secteur a mis à exécution ses menaces de retrait sur les salaires des enseignants grévistes. Cette sanction n’a fait qu’envenimer les relations entre la tutelle et les enseignants du primaire qui refusent les séances de rattrapages que propose le ministère durant la période des vacances d’hiver, y compris pour les élèves des classes d’examen de fin d’année, la 5e année en l’occurrence.
Le collectif des enseignants grévistes du primaire, qui s’est constitué en coordination cours de route, ne semble pas être prêt à abandonner la partie même à la reprise des classes pour le deuxième trimestre. Cette question ne sera tranchée, en effet, que durant la période des vacances, selon des enseignants membres de la coordination.
Cela étant, la même coordination mise sur un changement à la tête du ministère de l’Education qui pourrait intervenir après l’investiture du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et qui sera suivi par la démission du gouvernement de Noureddine Bedoui. Cette dernière entraînera ainsi la fin de mission pour Abdelhakim Belabed à la tête du secteur lui, qui a succédé à Nouria Benghebrit. En tout état de cause, cette étape de changement du gouvernement sera attentivement suivie par la famille de l’Education, particulièrement les enseignants du primaire, qui semblent davantage contrariés par le traitement réservé par M. Belabed à leur mouvement de grève. Ils en veulent comme argument, le fait que le ministre « n’a pas jugé utile de les recevoir et écouter leurs revendications socioprofessionnelles ». D’où leur attente d’un changement à la tête du ministère pour ouvrir une autre page dans le traitement de cette grève et les questions qu’elle a posées.
Il faut rappeler que les principales revendications des enseignants du cycle primaire tournent autour du «reclassement des PEP dans la même catégorie que leurs pairs des paliers moyen et secondaire et la révision des programmes et méthodes d’enseignement, soit par la réinstauration de la spécialisation dans l’enseignement primaire pour atteindre la qualité prônée par les normes internationales, soit par la révision des curricula ».
Les enseignants grévistes ont réclamé également l’application du décret présidentiel 266/14 du 28 septembre 2014, fixant la grille indiciaire, avec effet rétroactif, ainsi que le droit du PEP à la formation au grade de directeur.