PAR MILINA KOUACI
Le ministère de l’Education nationale continue de recevoir son partenaire social pour l’examen du projet de statut particulier. Jeudi dernier, le chef de cabinet du ministère de tutelle a reçu les syndicats agréés du secteur au niveau de l’Institut national de formation des personnels de l’éducation (INFPE) à El Harrach. Cependant, certains syndicats n’hésitent pas à exprimer leur «mécontentement» sur la manière avec laquelle la tutelle gère le dossier.
Les syndicats reprochent toujours à la tutelle de ne pas avoir présenté à son partenaire social la première mouture du projet de loi, telle qu’élaborée par la commission technique qui y a travaillé pendant près de cinq mois. Les syndicats du secteur souhaitent que la tutelle remette l’avant-projet à chacun des syndicats avant de se réunir avec la commission mixte chargée de l’examen de propositions du partenaire social.
Zoubir Rouina, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) a fait part de son appréhension que ladite commission ne soit un «gain de temps» pour la tutelle. Ces syndicats avaient travaillé au sein d’une commission mixte pendant trois années (2015-2018) sans que la mouture du projet de statut particulier ne voie le jour. Des années plus tard, la tutelle a ouvert le dossier sur instruction du président de la République. Ce dernier avait instruit, en effet, en mai 2021, de réviser le statut particulier des travailleurs de l’éducation. Après cinq mois, la tutelle a mis en place une commission technique chargée de réviser le statut particulier, de recueillir les propositions de chaque syndicat en solo pour débattre de leurs propositions. La réunion de jeudi fait suite à celle tenue le 19 mai. Une réunion consacrée au débat et à l’examen du projet de loi de révision de statut particulier et corriger les failles de l’ancienne loi.
«A ce jour, nous n’avons pas reçu le P-V de réunion alors que notre réunion bilatérale avec la tutelle date de quatre mois», dénonce le secrétaire général du CLA. «Nous ne sommes pas prêts à répéter le scénario de 2015/2018. La seule chose qui diffère, c’est qu’en 2015, nous n’étions que 10 syndicats, aujourd’hui, on est 30. On veut que la mouture finale nous soit remise pour qu’on ait une idée de la vision du ministère et ne pas perdre de temps», clame M. Rouina, qui estime que les syndicats sont dans «l’ambiguïté».
La réaction parmi les syndicats est pour le moins mitigée. Le Cnapeste a décidé, après l’annonce du ministère d’installer une commission, son intention de ne pas prendre part aux réunions de travail consacrées au statut particulier, persuadé que cette commission ne sera qu’un «gain temps» pour la tutelle. Les syndicats s’interrogent en outre sur «la pertinence» du lancement d’un chantier important dans le secteur de l’éducation avant la révision du statut général de la Fonction publique 06/03. Le statut particulier des travailleurs de l’éducation doit être «compatible» avec le statut général de la FP.