PAR MILINA KOUACI
Le délai de dépôt des propositions pour la révision du statut particulier prend fin aujourd’hui. Le ministère de l’Education nationale avait convié l’ensemble des syndicats à des séances de travail bilatérales pour soumettre leurs propositions et revendications. Des rencontres qui ont, également, permis aux syndicats de faire part de leurs préoccupations liées à leurs conditions socioprofessionnelles, la révision des salaires et aussi le pouvoir d’achat.
Au lendemain de son installation, le 24 octobre dernier, la commission technique chargée de la révision du statut particulier a entamé des séances de travail bilatérales avec les syndicats du secteur. Au cours de ces rencontres, ladite commission a examiné avec le partenaire social les dispositions et mécanismes de révision du statut particulier et débattu des questions à caractère socioprofessionnel du personnel.
Selon les syndicats qui ont déjà eu à rencontrer le ministre dans le cadre des rencontres bilatérales, ces rencontres avaient permis de passer en revue plusieurs questions, notamment celles en rapport avec l’amélioration du pouvoir d’achat, le droit à la retraite sans condition d’âge et les libertés syndicales. Les syndicats ont, également, plaidé pour la révision de l’actuel statut particulier qui, à leurs yeux, sert une catégorie aux dépens d’une autre, en attendant la révision des statuts et du point indiciaire. D’ailleurs, l’accent a été mis sur la loi relative aux personnels du secteur «toutes dimensions confondues», l’unification du classement des enseignants des trois cycles d’enseignement et l’organisation d’un concours de recrutement annuel, ainsi que la prévision de nouvelles primes pour le personnel.
Pour le ministre, l’ouverture de ce chantier contribuera à l’amélioration de la situation professionnelle des travailleurs et à la préservation de la stabilité du secteur. Il a également fait part de l’engagement du gouvernement en faveur du secteur de l’Education, se disant prêt à écouter les préoccupations et les propositions du syndicat pour améliorer la situation socioprofessionnelle.
Mais la donne a changé. Les syndicats du secteur qui avaient inlassablement demandé de rouvrir le dossier du statut particulier afin de corriger les «lacunes et incohérences» qu’il contenait, exigent actuellement de remédier «en urgence» à l’amélioration du pouvoir d’achat. Outre la situation sociale qui prévaut, les syndicats gardent en mémoire les cinquantaines de séances tenues de 2015 à 2018, sous Noria Benghabrit, sans que le projet de statut particulier ne voie le jour.
Le porte-parole de l’Unpef, Abdelouahab Lamri Zegar, indique que les travailleurs du secteur revendiquent un statut qui garantit «la justice et l’équité» entre tous les corps et paliers de l’enseignement sans distinction. Il rappelle toutefois que le statut particulier, dans le contexte économique et social actuel, ne constitue pas la revendication essentielle. «Il est impératif d’améliorer le pouvoir d’achat qui est en érosion», ajoute M. Zegar.
De son côté, le secrétaire général du Satef Boualam Amoura exige d’élaborer un statut particulier en prenant les normes internationales comme référence. Il ajoute : «Nous attendons que les engagements du Président soient concrétisés», dit M. Amoura, en allusion à l’amélioration de la situation professionnelle, l’augmentation du point indiciaire, la baisse de l’IRG et de l’amélioration du pouvoir d’achat. Dans le contexte actuel, «nous demandons la revalorisation des primes et indemnités afin d’atténuer l’impact de la chute du pouvoir d’achat», dit-il. Si l’actuelle situation sociale persiste, «l’éventualité d’aller vers une grève sera fortement posée dès le début de l’année», avertit le secrétaire général du Satef.
Il y a lieu de rappeler que les rencontres bilatérales entre le ministre et son partenaire social interviennent dans le cadre de la mise en œuvre des instructions du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a ordonné, lors du Conseil des ministres qu’il avait présidé en mai dernier, d’ouvrir le dialogue avec les différents partenaires sociaux en vue d’améliorer la situation socioprofessionnelle des affiliés au secteur et de réviser le statut de l’enseignant.