A l’image de la journée de grève du 21 janvier, l’Intersyndicale de l’Education nationale n’a pas réussi, hier, à mobiliser fortement ses troupes. Selon nos correspondants, les rassemblements qu’elle a organisés devant les directions du secteur (académies) n’ont pas drainé grand monde.

A Oran par exemple, ce sont moins d’une cinquantaine d’enseignants et d’agents des différentes administrations du secteur qui se sont rassemblés, loin des prévisions annoncées par les responsables syndicalistes sur place. Toujours à l’ouest du pays, des rassemblements similaires ont été organisés dans plusieurs wilayas sans l’audience et la participation escomptée. Dans le sud du pays, à Béchar par exemple, «il n’y a pas de rassemblement devant le bâtiment de l’éducation nationale», a signalé notre correspondant sur place, indiquant que des «sit-in symboliques ont eu lieu dans certains établissements» du chef-lieu de wilaya. Une vingtaine de personnes également ont observé un sit-in devant le siège de la direction de l’éducation de la wilaya de Ouargla et autant d’autres devant celui de Ghardaïa, en réponse à l’appel de l’Intersyndicale. Un rassemblement similaire ayant regroupé quelque 140 personnes a également été organisé devant le siège de la direction de l’éducation de la wilaya d’El-Oued, alors qu’aucune action du genre n’a été relevée dans les wilayas de Tindouf et Laghouat, selon l’APS.
Au centre du pays, le rassemblement de protestation organisé, hier après-midi, devant le siège de l’académie de Béjaïa, n’a également pas pu drainer la foule des grands jours. Intervenant au deuxième jour du mouvement de grève nationale dans ce secteur, cette action de protestation à laquelle ont pris part quelques dizaines de manifestants, a été initiée par cinq syndicats autonomes implantés dans la wilaya, à savoir le Satef, le Cela, le Snte et l’Unpef. Lors de leurs prises de parole devant une assistance amassée devant le siège de la direction de l’éducation de Béjaïa, les représentants des syndicats concernés, ont tenu à justifier cette faible mobilisation par les mauvaises conditions climatiques et la fermeture de la RN12, près de Oued Ghir, par des citoyens.
Abordant le mouvement de grève entamé la veille, les différents intervenants ont salué la « forte mobilisation de leur adhérents à ce débrayage », tout en précisant que le taux de suivi de la grève est estimé à 74% au niveau local et à 58% à l’échelle nationale, une estimation qui mérite d’être vérifiée compte tenu de ce qui a été constaté sur le terrain, le 21 janvier dernier.
Par ailleurs, ils ont exhorté les grévistes à « rester mobilisés pour maintenir cette dynamique de protestation sociale », avant d’annoncer la tenue d’une réunion d’évaluation de la grève par l’Intersyndicale. Rappelant les principales revendications mises en avant par l’Intersyndicale de l’éducation nationale, les orateurs citeront notamment, «le retour au départ à la retraite sans conditions d’âge et à la proportionnelle», «l’application du décret présidentiel
n°14/266», «la prime zonale» et «l’intégration des contractuels».
Le conseil de l’Intersyndicale doit se réunir, demain jeudi à Alger, pour décider de la marche à suivre et actions futures. Lundi dernier dans la soirée, le tribunal administratif de Bir-Mourad Raïs (Alger) a rendu un jugement déclarant «illégale» la grève à laquelle a appelé l’Intersyndicale autonome du secteur de l’Education dans les trois paliers, selon le ministère de l’Education nationale.<