PAR MILINA KOUACI
A peine la rentrée scolaire effectuée que les premiers remous commencent à refaire surface. Les syndicats autonomes du secteur, en colère contre la baisse du pouvoir d’achat, l’exclusion de certaines indemnités et la non-satisfaction de leurs plateformes de revendications, brandissent la menace de grève.
Les syndicats enseignants comptent entamer une nouvelle série d’actions pour prendre en charge leurs revendications. Hier, les enseignants qui figurent sur la liste d’attente du concours de recrutement des enseignants, organisé au titre de l’année scolaire 2017-18, ont protesté devant l’annexe du ministère de l’Education nationale à Alger, pour demander l’affichage des postes vacants et l’ouverture de nouveaux postes budgétaires. En juillet 2020, le ministère de l’Education nationale avait demandé aux directions de l’Education de wilaya de recourir aux listes d’attente du concours de recrutement des enseignants dans le but d’assurer le cadre pédagogique nécessaire à la scolarisation régulière des élèves.
En raison de la propagation de coronavirus, le ministère n’a pu organiser de concours de recrutement externe et a autorisé le recours aux listes d’attente. Cette année, il a annoncé l’organisation d’un concours de recrutement sur titre, mais qui n’a pas eu lieu. Le ministère de tutelle a, à ce propos, fait appel aux enseignants contractuels, outre le recrutement des diplômés des Ecoles normales supérieures (ENS).
Mais ceux mis sur la liste d’attente réclament toujours leur droit au travail. Ces derniers demandent à ce que les responsables du secteur ouvrent de nouveaux postes budgétaires et affichent tous les postes vacants dans l’enseignement et le recrutement du plus grand nombre d’enseignants. «Nous revendiquons notre droit au travail», a scandé une dizaine d’enseignants à l’adresse du ministre de tutelle et du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Les syndicats autonomes, pour leur part, expriment leur colère face à la situation sociale du personnel du secteur due à la baisse du pouvoir d’achat. Le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) tire la sonnette d’alarme quant à la situation sociale qu’il qualifie de «désastreuse». «Les enseignants dans ces conditions ne pourront pas accomplir leur mission, ce qui impactera le niveau scolaire des apprenants», met en garde le CLA, dans un communiqué rendu public. Cette organisation syndicale réclame ainsi, «une augmentation immédiate des salaires» pour faire face à l’érosion du pouvoir d’achat.
Une revendication que les syndicats du secteur soulevaient depuis février dernier, mais qui reste en suspens. «La solution est de protester afin d’améliorer nos conditions», ajoute la même source. Exigeant la transparence, ce syndicat reproche également aux Directions de l’éducation «leur unilatéralisme et leur ambiguïté» dans la gestion du dossier des enseignants contractuels et suppléants.
De son côté, le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) appelle ses adhérents à «s’unir pour protéger les acquis et satisfaire les revendications». Le Cnapeste, qui réclame le droit de départ à la retraite anticipée, la révision des salaires et l’augmentation du point indiciaire, appelle les pouvoirs publics à prendre «des mesures urgentes dans le but de protéger le pouvoir d’achat du travailleur», tout en dénonçant l’exclusion des enseignants de la prime de logement et de transport. Selon ce syndicat, «le régime indemnitaire n’a pas été révisé depuis 2010», proposant ainsi d’instituer d’autres indemnités pour pallier la détérioration du pouvoir d’achat dans l’attente de revoir la politique salariale du personnel du secteur. Même son de cloche chez la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire.
Elle demande de revoir le statut particulier des enseignants dans les meilleurs délais, d’augmenter les salaires et de protéger le pouvoir d’achat du corps enseignant afin d’éviter la perturbation du déroulement de l’année scolaire.