PAR MILINA KOUACI
A moins de deux semaines de l’entame du troisième trimestre, les écoles de Constantine connaissent des jours mouvementés avec les grèves et sit-in de protestations organisés par les lycéens. La grève entamée dimanche gagne de nombreux établissements. Hier, ils sont sortis dans la rue pour réclamer les bulletins des 1er et 2e trimestres.
Les lycéens privés de leurs relevés de notes, suite à la rétention des notes par les enseignants affiliés au Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), se mobilisent. Depuis le début de semaine, les élèves sont montés au créneau. Ils sont nombreux à demander à la tutelle d’intervenir pour remettre leurs relevés de notes. Les élèves, bien qu’ils connaissent leurs notes et ont effectué une correction collective en classe avec les enseignants, sont pénalisés par le boycott administratif du Cnapeste. Les établissements ne pourraient, en effet, sans les moyennes générales et les notes des différentes matières du programme scolaire, effectuer l’orientation pédagogique, notamment des élèves de fin de cycle moyen qui passeront au cycle supérieur ou d’un niveau scolaire à un autre.
D’après les associations de parents d’élèves, toutes les écoles du territoire national comptent des classes où les bulletins des élèves n’ont pas pu être établis. Une situation qui «impacte négativement» le moral des élèves, notamment ceux qui s’apprêtent à passer les examens de fin de cycle. Les parents d’élèves dénoncent par ailleurs une situation «inacceptable et illégale» et réclament une amélioration de la situation pédagogique, notamment, le manque d’information sur les résultats de leurs enfants et pointent d’un doigt accusateur les enseignants qui prennent en «otage» les élèves. Les parents disent qu’ils sont incapables de situer les faiblesses de leurs enfants ou d’évaluer leur niveau sans les bulletins, qualifiant cette situation «d’inquiétante et d’intolérable», en demandant à la tutelle de prendre les mesures nécessaires pour remédier à cette situation.
De son côté, le Cnapeste dit avoir «effectué la correction collective» avec les élèves en classe, qui ont pris connaissance de leurs notes trimestrielles et appelé les parents d’élèves à se rapprocher d’eux afin de s’enquérir du niveau de leurs enfants. «Le boycott est une opération technique qui ne nuit pas aux élèves», s’est défendu Messaoud Boudiba, porte-parole dudit syndicat. Cette action de protestation a été maintenue par le Cnapeste, qui a renoncé à sa grève cyclique de deux jours, afin d’amener le ministère à satisfaire ses revendications socioprofessionnelles. Cependant, la situation s’est envenimée entre le syndicat et la tutelle qui, selon M. Boudiba, a privé les enseignants de l’indemnité de remédiation scolaire (ISSRP). Le syndicat tient vendredi et samedi prochain son conseil national pour décider des suites à donner à son mouvement. Il réclame l’amélioration du pouvoir d’achat, la revalorisation des salaires, la révision du statut particulier. Il s’agit également de la promotion systématique des enseignants, l’accès aux logements et aux œuvres sociales. <