«Les enseignants du cycle primaire doivent accomplir les activités extrapédagogiques jusqu’à ce que le nouveau statut particulier voit le jour. Les travailleurs du secteur sont régis par le Décret exécutif n°12/240 du 3 juin 2012 dans lequel ne figure pas le poste de superviseur de l’éducation ou les missions qui lui sont conférées dans ce cycle».

PAR MILINA KOUACI
Le conflit qui oppose les enseignants aux superviseurs de l’éducation du cycle primaire ne connaîtra son épilogue que lorsque le nouveau statut particulier en cours d’élaboration sera promulgué, estime Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national autonome des directeurs des écoles primaires (Snadep). Pour lui, les enseignants doivent accomplir les tâches extra pédagogiques dont la surveillance des élèves et leur accompagnement à la cantine en attendant que le nouveau statut particulier entre en vigueur, tout en reprochant aux autorités compétentes de créer ce poste dans le cycle primaire alors que le Décret exécutif n°12/240 du 3 juin 2012, portant statut particulier des fonctionnaires appartenant aux corps spécifiques de l’éducation nationale, est toujours de vigueur.
«Les écoles sont régies par le statut particulier dans lequel ne figure pas le poste d’éducateur ou de superviseur de l’éducation et les missions qui leur sont conférées», indique
M. Gaïd. Il sera appliqué en 2023. Il indique à ce propos que l’ancien statut particulier incombe entre autres à l’enseignant de surveiller l’élève à son entrée et à sa sortie de l’école. Ainsi, l’enseignant est tenu «d’accomplir cette tâche» d’autant qu’il y a un «manque flagrant» de superviseurs dans plusieurs écoles. «Les superviseurs n’ont pas été recrutés en fonction du nombre des élèves de l’école. Il y a des écoles avec un seul superviseur, d’autres avec deux ou trois. Il cite à titre d’ exemples les écoles relevant de la wilaya de Blida qui ne disposent que de 25 superviseurs, ce qui est infime», juge le président du Snadep. Ce dernier estime que chaque école doit avoir 5 à 6 superviseurs pour un meilleur encadrement des élèves».
Il y a lieu de préciser que l’année scolaire 2022-23 est entamée sur fond de conflit entre les enseignants et les superviseurs de l’éducation du cycle primaire. Le personnel enseignant ne veut plus assumer les tâches extra-pédagogiques après la création du poste de superviseur de l’éducation tandis que les superviseurs refusent pour leur part de s’acquitter des tâches qu’accomplissent les enseignants jusqu’à ce que le nouveau statut particulier voit le jour.

Enseignement de l’anglais : les écoles primaires sur la bonne voie
L’anglais n’est pas introduit dans le cycle primaire dans l’improvisation, mais après une étude approfondie et une préparation minutieuse, estime Abdelkrim Gaïd. Pour preuve, «nous avons un programme et un manuel scolaire et elle sera élargie à partir de l’année prochaine aux élèves de 4e AP et l’année suivante aux élèves de 5e AP. Ce qui veut dire que le ministère va recruter davantage d’enseignants.
Ce que dénoncent certaines parties est le déplacement entre plusieurs écoles de la même commune pour compléter le volume horaire hebdomadaire légal de l’enseignant du primaire. «Dans la plus grande école, on trouve 3 classes de 3e année. Et dans ce cas-là, l’enseignant donne des cours dans d’autres écoles de la même commune pour compléter son volume hebdomadaire légal», explique-t-il. Pour lui, au lancement d’un quelconque nouveau projet, la première étape reste la plus difficile. «Certes, on enregistrera des insuffisances, mais le ministère songera inéluctablement à y remédier et solutionner », dit le président du Snadep. Ce qui agace les directeurs des écoles primaires est le refus de soustraire la gestion des établissements primaires aux APC. Le Snadep estime que le seul problème des écoles primaires, ce sont les collectivités locales qualifiées de «défaillantes». Nonobstant, le ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed a écarté récemment toute éventualité de retirer la gestion des écoles primaires aux APC. n