Par Milina kouaci
Le malaise s’installe de nouveau dans la sphère de l’Education nationale. Les grèves, les sit-in de protestation et menaces de grèves illimitées témoignent de la situation qui prévaut dans un secteur qui n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. Des organisations syndicales invoquent des revendications non prises en charge, pointant d’un doigt accusateur le «silence et la sourde oreille de la tutelle» vis-à-vis de son partenaire social.
Dans cette atmosphère de courroux qui monte, et quelques jours seulement après une grève nationale des enseignants du cycle primaire, c’est au tour du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste) d’annoncer un débrayage de deux jours, les 12 et 13 avril courant, dans un communiqué rendu public. Une décision prise à l’issue d’un conseil extraordinaire qui s’est déroulé samedi et qui a décidé à l’unanimité d’aller vers une grève nationale de deux jours pour alerter la tutelle des actions à entreprendre dans le cas de non satisfaction de leur plateforme de revendications, souligne la même source. Pour justifier sa démarche, le syndicat fait état de la «forte dégradation du pouvoir d’achat» de l’enseignant et du personnel de l’Education, exigeant ainsi d’améliorer les conditions socio-professionnelles afin que l’enseignant, en particulier, puisse mieux se consacrer à la mission de formation. Cette organisation syndicale demande, par ailleurs, de régulariser la situation des personnels occupant des postes en voie de disparition. Il s’agit, à ce propos, de certains fonctionnaires relevant du corps de l’enseignement des trois cycles et ayant achevé leur formation après le 3 juin 2012. Le syndicat, ajoute-t-on, exige la promotion aux grades d’enseignant principal et enseignant formateur.
Dans un autre volet, le syndicat demande d’actualiser la prime de zone pour le travail dans le Sud et de garantir un logement d’astreinte pour l’enseignant, notamment ceux travaillant loin de leur lieu de résidence.
Concernant le cycle primaire, le partenaire social demande de libérer les écoles primaires de la gestion des collectivités locales et de dispenser l’enseignant des tâches non pédagogiques pour qu’il se consacre à sa mission d’enseignement. Le syndicat appelle également à l’ouverture de postes budgétaires dans l’éducation afin de recruter des diplômés des Ecoles normales supérieures (ENS) et de pallier ainsi au manque d’enseignants, notamment après l’adoption du système d’enseignement de double ou triple vacations dans les établissements scolaires après la propagation de coronavirus. Il appelle ainsi la tutelle à mettre en place une stratégie pour la réforme du système éducatif et la révision des programmes scolaires.
Comme nombre de formations syndicales du secteur, le Cnapeste demande l’application du décret présidentiel 266-14 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires, avec effet rétroactif. Il souhaite, aussi, l’élaboration d’un texte de loi criminalisant les agressions contre la communauté éducative. Cette organisation syndicale appelle, en outre, à la mise en place d’un observatoire national de l’éducation et de la formation ainsi que l’installation d’un conseil national de l’éducation, ajoute la même source.
Le Cnapeste insiste, enfin, sur le droit constitutionnel dans l’exercice syndical, exhortant la tutelle à «cesser les intimidations du personnel syndiqué du secteur». n