C’est dimanche, 5 janvier, que  les établissements de l’Education nationale rouvrent leurs portes après la trêve hivernale de fin d’année et de début du nouvel an.  Ce sera le début du deuxième trimestre de l’année pédagogique ordinaire, une  séquence considérée comme déterminante avant celle qui finit avec les examens et concours du 3ème trimestre.  Mais qui pourrait connaitre des perturbations  à la suite, notamment, du préavis de grève lancé par la coordination nationale des enseignants du cycle du primaire. Selon cette coordination, il y aura interruption des cours les lundis 8 et 15 janvier. Ces arrêts de cours sont inscrits dans le cadre du mouvement social « cyclique » commencé depuis  la fin du mois d’octobre 2019. Il s’agit, selon la coordination qui a décidé de suspendre son mouvement avant de le relancer, de rappeler les revendications exprimées par les enseignants des écoles primaires « légitimement » et de « longue date », selon le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (SNTE) qui chapeaute la coordination.

La plateforme de revendications des enseignants du cycle primaire contient entre autres la demande de « l’assimilation dans la classification du rang de l’emploi au reste des catégories d’enseignants du secteur, le moyen et secondaire », le « réexamen des heures de travail des enseignants du primaire par rapport au temps du travail du moyen et du secondaire », « l’application immédiate du décret présidentiel 266/14 avec effet rétroactif depuis 2014 » et  « la réinstauration du système de spécialisation dans l’enseignement primaire ». En somme, cette catégorie du corps enseignant de l’éducation s’est toujours considérée comme « marginalisée » par rapport à ceux du cycle moyen et secondaire,  représentés par des syndicats considérés comme plus puissants. Elle cherche aujourd’hui à se manifester plus radicalement sur le terrain des luttes et « arracher des droits spoliés », selon  une déclaration récente d’un cadre du SNTE.

Ce n’est pas un hasard, affirment des observateurs, si la grève que les enseignants du cycle du primaire ont entamé de manière cyclique depuis fin octobre 2019 « a surpris »  et « s’est manifestée comme un évènement inattendu » dans un champ syndical où ce sont les syndicats corporatistes du cycle du secondaire qui « font davantage parler d’eux ». Il est vrai que les grandes grèves observées au sein de l’éducation nationale durant les années passées portaient la signature des syndicats fortement représentées au sein des lycées et collèges du pays.  Désormais, il faut, donc, compter avec la coordination des enseignants du primaire qui avait averti en fin d’année de son intention de « poursuivre » son mouvement de protestation « après la fin des vacances  scolaires d’hiver ».

Cet avertissement avait été communiqué à la suite d’une négociation avec l’administration de l’ancien ministre de l’éducation Abdelhakim Belabed dont le cabinet avait annoncé que les revendications de la coordination ont été « satisfaites » : une affirmation démentie par Le secrétaire général du SNTE Nadjib Kouider Yahiaoui, qui avait indiqué  qu’il n’y a eu que de « fausses promesses » de la part de la tutelle.

Le préavis de grève sera-t-il maintenu ? La question se pose surtout en raison du changement de gouvernement et de ministre de l’éducation nationale.  Abdelhakim Belabed a quitté le ministère pour laisser la place à Mohamed Oudjaout qui prend ses fonctions dans un contexte promis à l’agitation s’il ne parvient pas à désamorcer la situation, une des caractéristiques de l’éducation nationale : un secteur connu pour l’ampleur des mouvements sociaux qu’il  a connu depuis plus d’une décennie même s’il y a eu une accalmie récemment.