Par Milina Kouaci
Le ministère de l’Éducation est appelé à l’élaboration d’un nouveau calendrier des examens nationaux et de la rentrée scolaire en prenant en compte les spécificités géographiques et climatiques du pays, notamment dans le sud. Les conditions climatiques dans lesquelles se sont déroulées les dernières épreuves du baccalauréat dans la région du Sud et le manque de moyens de transport et de climatisation dans cette région ont fait sortir de leurs gonds le personnel enseignant ainsi que les candidats.
Le bureau régional du sud de l’Union nationale du personnel de l’Education et de la formation (Unpef), réuni en session extraordinaire, mardi dernier, a appelé le ministère de l’Education à revoir le calendrier des examens nationaux et de la rentrée scolaire, en prenant en considération les conditions climatiques du Sud. Le bureau régional a également mis l’accent sur la «nécessité de doter les centres d’examen de moyens matériels assurant un bon déroulement des examens de fin de cycle. Contrairement au discours officiel et aux assurances quant à la mobilisation des moyens humains et matériels pour le bon déroulement des examens nationaux, l’Unpef fait savoir que les travailleurs du secteur mobilisés pour l’encadrement des épreuves officielles se trouvent entre «le marteau de la conscience professionnelle et l’enclume de l’absence quasi totale des moyens logistiques nécessaire pour garantir un bon déroulement des examens». Le syndicat avertit des conséquences des fausses promesses ressassées et des faux rapports sur l’état et la situation des établissements scolaires et d’enseignement relevant du Sud du pays.
La formation syndicale de Sadek Dziri explique que les élèves subissent des températures élevées «sans que les responsables ne dotent les centres d’examen de moyens matériels pouvant remédier à la spécificité du climat. L’Unpef relève ainsi «l’impossibilité» de l’organisation des examens de fin de cycle dans des conditions climatiques de fortes chaleurs. «Si certains lycées disposent d’équipements de climatisation, ce n’est pas le cas pour l’ensemble des écoles primaires et collèges où les climatiseurs sont mal entretenus ou leur mise en marche n’a pu se faire pour incompatibilité avec le réseau électrique ou pour interruption de fourniture en énergie électrique», ajoute la même source. Le syndicat déplore également le manque de moyens de transport, en particulier l’après-midi en raison des fortes chaleurs atteignant les 60° à l’ombre, et le manque d’eau fraîche et d’eau potable dans certains centres d’examen. Il appelle également à prendre en charge le personnel mobilisé en dehors de leurs localités de résidences et de mettre à leur disposition des moyens de transport et de résidence.
L’Unpef recommande ainsi aux autorités compétentes de «méditer sérieusement sans marginalisation ou exclusion» les conditions et les spécificités de la région du Sud dans la prise de décision, et ce, en descendant sur le terrain et en consultant les gens de la région. Il y a lieu de rappeler que depuis le début des examens du bac, le débat sur sa réorganisation et la réforme de l’enseignement secondaire est relancé entre les syndicats enseignants qui proposent une réduction de la durée de cet examen, en faisant composer les candidats uniquement dans les matières essentielles.
Les syndicats du secteur ont travaillé durant une année (2015/2016) sur la réorganisation du Bac et sont arrivés à un consensus en dépit de divergences, relate Boualam Amoura, secrétaire général du Satef. L’ancienne ministre de l’Education Noria Benghabrit avait déposé le dossier chez l’ex-Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui ne l’a pas soumis au débat.
Des syndicats enseignants revendiquent la mise en place d’un Haut-conseil de l’Education pour remédier aux dysfonctionnements qui entravent le développement du système éducatif, loin des interférences idéologiques ou politiques. Une doléance qui ne trouve pas pour le moment une «oreille attentive», selon Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef. n