Nouveau risque de pourrissement dans le secteur de l’éducation nationale à l’approche de la période des examens de fin d’année. Et pour cause, la décision du plus important syndicat du secteur, le Conseil national des personnels de l’enseignement et du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste), de reprendre la protestation moins d’un mois après le gel de sa grève illimitée.

Dans une déclaration à Reporters, le chargé de communication du Cnapeste, Messaoud Boudiba, nous fait savoir que son syndicat ira vers une grève cyclique de deux jours par semaine à partir du 9 avril prochain. Cette décision, explique-t-il, est prise par le conseil national du Cnapeste suite à l’étude des rapports venus des wilayas qui indiquent que la situation n’a pas changé au niveau local. Pis, dans certaines wilayas, la situation ne cesse de se dégrader. «Nos structures dans les wilayas nous informent de la multiplication des pressions et des entraves à l’activité syndicale par l’administration», indique-t-il, et «nos délégués subissent des pressions en raison de leur engagement syndical. Nous ne pouvons pas rester figés devant ces pratiques qui visent notre syndicat».
En outre, notre interlocuteur justifie le retour à la contestation, entre autres, en raison de l’application des ponctions sur salaires d’«une manière illégale». «Certains enseignants ont vu leur salaire du mois de mars totalement supprimé. C’est une mesure illégale et contraire à ce qui a été convenu avec la tutelle», a-t-il dénoncé. «Nous n’allons pas accepter une telle mesure illégale.» De plus, il fait savoir que le ministère de tutelle n’a pas honoré son engagement en ce qui concerne le retour à leur poste de travail des enseignants de la wilaya de Blida, licenciés suite à leur participation à la grève du mois de février. «La situation des enseignants radiés de la wilaya de Blida reste floue, et ce, en dépit des promesses données par le ministère de l’Education nationale de lever toutes les sanctions prises contre les enseignants», déplore Messaoud Boudiba. Il signale également le blocage dans la prise en charge de sa plateforme de revendications datant d’avant la grève illimitée du mois de février. «Aucun avancement n’est à signaler dans la prise en charge de nos revendications, dont certaines datent de plusieurs années», dira-t-il. Tous ces facteurs, d’après lui, font du retour à la protestation une nécessité, voire une obligation. «Nous avons épuisé toutes les autres voies de recours», a-t-il affirmé.
À une question sur la réaction de la tutelle après l’annonce du retour à la grève, il nous dira que pour le moment, il n’y a pas eu de réaction. «Nous n’avons pas été saisis par la tutelle après l’annonce du retour à la grève.» «La tutelle, à sa tête la ministre, a le temps nécessaire devant elle pour éviter cette grève. Il suffit qu’elle respecte ses engagements et les choses rentreront dans l’ordre», ajoutera-t-il.
Par ailleurs, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, a tenu, samedi à Alger, deux séances de travail avec les partenaires sociaux du secteur, dans lesquelles plusieurs points importants ont été examinés, a indiqué un communiqué du ministère. «La ministre a reçu au siège de son département ministériel les partenaires sociaux en deux séances de travail suite à leur demande», précise la même source.
La première séance de travail a réuni les syndicats Unpef, Snapest, Satef, Snte et CLA, tandis que la deuxième a réuni le Snapap, Fnte, Snapep et Snccopen.
Pour la première rencontre, aucune décision à signaler n’a été prise, indique le coordinateur national du Syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane. «La rencontre s’est faite à notre demande. Nous avons exposé à la ministre nos revendications relatives à la révision du statut particulier, de la prime du Sud, des heures supplémentaires, du classement et autres», a-t-il expliqué, précisant que «la ministre et son équipe se sont contentées d’inscrire nos doléances sans s’engager sur quoi que ce soit». «Chaque fois, ils nous disent que la satisfaction de nos revendications dépend de l’accord du ministre des Finances et de la Direction générale de la Fonction publique. Il nous faut des réponses claires», exige-t-il. Même son de cloche chez le Conseil des lycées d’Algérie (CLA). «C’est une rencontre sans décisions», nous a confié le chargé de communication de ce syndicat Zoubir Rouina.
D’après Meziane Meriane, une autre rencontre avec la ministre de l’Education nationale est programmée pour le 3 avril prochain. «Nous venons de recevoir une invitation pour une réunion avec la ministre pour le 3 avril», fait-il savoir.