Le ministère de l’Education nationale s’apprête à entamer, à partir de demain, ce qui s’apparente à bien des égards à un nouveau round de dialogue. Ce dialogue II avec les organisations syndicales du secteur dans une année scolaire particulière intervient quelques jours seulement après le débrayage de trois jours de l’Intersyndicale.

Par Millina Kouaci
Le département de Ouadjaout avait tenté, faut-il le souligner, de faire changer la position de l’Intersyndicale, mais sans succès. Réussira-t-il cette fois ? Pari difficile, selon les observateurs de la vie syndicale dans le secteur de l’Education, dont la tutelle a expliqué, dans un communiqué, qu’il s’agira de «séances de travail bilatérales avec toutes les organisations syndicales accréditées».
Ces réunions, qui entrent dans le cadre de la série de rencontres consultatives périodiques avec les partenaires sociaux, seront consacrées en premier lieu au débat et examen des dispositions et mécanismes de révision des statuts particuliers et aux questions à caractère socioprofessionnel, selon la même source. «Nous espérons que la tutelle a bien mesuré les raisons de l’échec des négociations qu’elle avait engagées après notre préavis de grève», note un enseignant, qui ajoute que «l’issue négative des précédentes rencontres a fait que le collectif de 14 syndicats est passé à l’acte, en revendiquant une «réelle prise en charge de leurs revendications ainsi que la concrétisation des promesses du président de la République, qui s’est engagé notamment à satisfaire les doléances des enseignants». Ce collectif devrait se réunir au cours de cette semaine pour évaluer la grève organisée les 10 et 11 mai dernier et décider des actions à entreprendre. «Nous devrions maintenir la pression jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites», indique Zoubir Rouina, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA). Ce syndicat avait décliné l’invitation du ministère de tutelle à la rencontre de conciliation car convaincu de «l’inutilité» de ladite rencontre.
Ainsi, le bureau national se réunira pour trancher la participation ou non aux réunions bilatérales avec la tutelle. «Dans tous les cas, on ne s’attend pas à grand-chose. Notre revendication principale est la protection du pouvoir d’achat et le droit des enseignants à la retraite anticipée», a martelé M. Rouina. Ce dernier reproche à la tutelle d’ignorer les dossiers de la retraite anticipée et le pouvoir d’achat pour lesquels les travailleurs du secteur sont entrés en grève», précise M. Rouina. Notre interlocuteur rappelle, également, que les syndicats du secteur parlent depuis des années du statut particulier», manifestant ainsi son refus de faire partie de «commissions» qui «ne seraient à ses yeux» qu’une «perte de temps aux syndicats». Sur un ton pessimiste, le responsable du CLA regrette que le Premier ministre et le président de la République «ignorent» dans leurs communications la question du pouvoir d’achat. «Le secteur de l’Education est en ébullition et il n’est pas dans l’ordre du jour du Conseil des ministres qui aura lieu aujourd’hui», regrette-t-il.
De son côté, Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep) estime que les autorités compétentes doivent faire preuve de «bonne foi et de bonne intention» pour satisfaire les revendications soulevées, bien que cela ne peut être réalisé du jour au lendemain. Il appelle le gouvernement à intervenir en urgence pour «atténuer la colère des travailleurs et satisfaire leurs revendications».
Pour rappel, les doléances des fonctionnaires du secteur tournent autour de la protection du pouvoir d’achat des travailleurs, la revalorisation à 100% du point indiciaire, la libération des établissements primaires de la gestion des assemblées communales, l’application du décret présidentiel 266-14 avec effet rétroactif, le statut particulier, la diminution du volume horaire ainsi que la révision des programmes pédagogiques.