Par Milina Kouaci
La Coordination nationale des enseignants du cycle primaire devrait observer, aujourd’hui, une grève nationale dans les établissements scolaires du territoire national dans ce qui constitue un retour à la protestation après une relative accalmie. L’action sera appuyée par des sit-in de protestations devant les Directions de l’Education ainsi qu’au niveau de l’annexe du ministère de l’Education à Ruisseau (Alger).
Pour les enseignants du cycle primaire, ce retour à la contestation après un long silence en raison de la crise sanitaire qui frappait le pays de plein fouet, est une nécessité. «Compte tenu de la situation dans laquelle nous exerçons et en raison des engagements non tenus du ministère de tutelle, qui n’a donné aucune suite favorable aux doléances soulevées, le retour à la contestation est inéluctable», indique la coordination. Cette corporation reproche, également, que les engagements du chef de l’Etat de prendre en charge les revendications des enseignants ne se soient pas concrétisés.
«Le but derrière cette action de grève n’est guère de perturber les élèves ou la sérénité du secteur, mais de rappeler à notre tutelle les promesses formulées avant la propagation de coronavirus dont aucune n’a été concrétisée sur le terrain», ajoute le syndicat des enseignants. Pour la même organisation syndicale, «le mal est profond dans le cycle primaire», estimant que la situation implique la «solidarité des autres syndicats du secteur des trois paliers», notamment du corps enseignant qu’il appelle à «se mobiliser et se solidariser» avec les enseignants du primaire afin de réussir cette action de protestation et rappeler à la tutelle les engagements non tenus.
Se déclarant «déterminée» à parvenir à la satisfaction des revendications, la Coordination brandit la menace de maintenir la pression jusqu’à ce qu’ils aient gain de cause. «C’est une crise structurelle qui gangrène le secteur», dit Bachir Kiouas, responsable de la coordination d’Alger ouest, pour qui «la situation qui prévaut exige qu’il y ait une volonté politique pour résoudre les problèmes de l’école et parvenir à une école de qualité». Pour lui, «il ne fait point de doute qu’on «ne peut aller vers une école de qualité sans prendre en charge les revendications socioprofessionnelles de l’enseignant».
La Coordination nationale des enseignants du primaire n’écarte pas l’idée de durcir ses actions dans le cas où leurs doléances restent insatisfaites. Les revendications de cette corporation, qui remontent à octobre 2019, lorsqu’un mouvement de grève surprise s’est déclenché dans les écoles du cycle primaire, ne sont toujours pas satisfaites en dépit de la reconnaissance de la tutelle de leur «légitimité», ajoute la coordination. Dans sa plate-forme de revendications, la coordination réclame l’application immédiate du décret présidentiel 266-14, fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires, avec effet rétroactif. Il s’agit également de la création de nouveaux grades d’enseignant pour les matières scientifiques, littéraires et l’éducation physique. Pour exemple, «la tutelle nous a promis d’appliquer le décret présidentiel 266/14 dans un délai ne dépassant pas le 31 mars 2020. Une année depuis, et rien n’est concrétisé sur le terrain», regrette M. Kiouas. La Coordination cite, également, la modification du statut particulier de façon à «reclasser les enseignants du secondaire, du moyen et du primaire au même grade de base». La coordination réclame, par ailleurs, une révision à la hausse des salaires, la révision du statut particulier et du programme d’enseignement et de libérer l’école primaire de la gestion des collectivités locales. Les enseignants réclament également le droit de départ à la retraite anticipée sans conditions d’âge.