Par Sihem Bounabi
Le deuxième jour de la grève nationale du Cnapest a été suivi à près de 70% par les enseignants, a déclaré, hier, Messaoud Boudiba du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest). «Dans les wilayas d’Annaba, de Constantine Béjaïa, Bouira, Boumerdès, Tizi-Ouzou, Oran, Tiaret et bien sûr Alger, il a été enregistré la plus forte mobilisation des enseignants. Suite à la réunion du 7 avril dernier, on a fait le constat que notre tutelle n’est pas dans un esprit de dialogue pour trouver des solutions à nos revendications. Mais bien au contraire, elle est en train de pousser nos adhérents vers des actions de protestation, telles que ce mouvement de grève». Il faut que la tutelle, dans le contexte socio-économique actuel, prenne en charge les dossiers qui sont posés depuis des années et qui sont vraiment sensibles pour les enseignants, à l’instar des dossiers du pouvoir d’achat, de la retraite et du logement». Il indique que «l’enseignant incarne la couche moyenne de la société et est une sorte de thermomètre qui évalue le degré de paupérisation de celle-ci». Il faut savoir que les enseignants sont en train de «glisser de plus en plus vers le seuil de la pauvreté et leur salaire est épuisé le 15 du mois. C’est intolérable pour la profession». Messoud Boudiba affirme ainsi que lors de cette fameuse réunion, le Cnapest a compris que la tutelle n’était pas prête au dialogue et à prendre en charge les revendications qui sont «nos droits les plus légitimes». Le Cnapest réitère ses revendications de revalorisation de la prime d’indemnisation du Sud et des Hauts-Plateaux, la révision du système de recrutement.
Il ajoute que l’érosion du pouvoir d’achat de l’enseignant et du travailleur du secteur «nous pousse plus que jamais» au rappel de leurs préoccupations d’autant que certaines remontent à des années.
Le syndicat réclame en premier de sauver le pouvoir d’achat par une revalorisation salariale. Il demande l’application urgente du décret présidentiel 14-266 du 28 septembre 2014 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires avec effet rétroactif. Il s’agit également de la revalorisation de la prime d’indemnisation du Sud et des Hauts-Plateaux, qui continue d’être calculée sur la base d’un salaire de base datant de 1989. Le Cnapest demande également d’accorder une priorité au dossier du logement et de mettre en place une formule pour l’enseignant. Il souligne également l’urgence de trouver des solutions aux œuvres sociales et à la médecine du travail. L’autre revendication du Cnapest est le recrutement d’enseignants diplômés des Ecoles supérieures et l’adoption de concours sur la base du certificat conformément au décret exécutif n°12-194 fixant les modalités d’organisation et de déroulement des concours, examens et tests professionnels au sein des institutions et administrations publiques. Ainsi que le droit à la retraite sans condition d’âge et la protection des libertés syndicales. <