Les enseignants contractuels de l’Education nationale observent, aujourd’hui, un sit-in de protestation devant l’annexe du ministère de l’Education nationale à Alger, pour réitérer leur plateforme de revendications. En raison de la situation épidémiologique et de la nécessité de respecter les mesures barrières, la Coordination nationale des enseignants contractuels a prévu, selon son coordonnateur national, Mustapha Kassad, des sit-in devant les directions de l’Education de wilaya pour respecter la distanciation physique. Outre le débrayage d’aujourd’hui, cette corporation menace de durcir le mouvement de protestation dans le cas où la tutelle ne satisfait pas leur plateforme de revendications. Ces derniers envisagent, en effet, d’aller vers une marche nationale comme celle organisée en 2016 pour «faire valoir leurs droits» ou de déposer une démission collective.
Cette corporation de 15 000 enseignants dans les trois paliers réclame l’intégration sans condition dans des postes vacants, la priorisation des enseignants remplaçants dans le recrutement, ainsi que la valorisation de l’expérience professionnelle.
«Il est insensé que la tutelle nous soumette à un concours de recrutement alors que nous avons acquis des compétences grâce aux années d’expérience et d’exercice sur le terrain». Avant d’ajouter, «nous avons les mêmes devoirs que les enseignant titularisés, mais pas les mêmes droits», regrette M. Kassad. Ce dernier appelle les syndicats du corps enseignant à soutenir les contractuels et à l’ouverture des portes de dialogue avec la tutelle bien que le département de Mohamed Ouadjaout n’a pas «daigné répondre à nos écrits», poursuit notre interlocuteur qui dénonce «l’attitude du ministre de l’Education qui se «mure dans le silence». Pour lui, «faire appel aux contractuels est une nécessité de garantir un encadrement et une stabilité dans le secteur de l’éducation». Pour ces raisons, il trouve «judicieux» de régulariser leur situation dans les «meilleurs délais», en rappelant que le ministère leur a promis de statuer sur leur dossier et de trouver des «solutions consensuelles». Ces derniers souhaitent que leur situation soit régularisée comme celle des titulaires de diplômes recrutés dans le cadre du dispositif pré-emploi. «Le ministère de tutelle poursuit le processus d’intégration des travailleurs du secteur de l’éducation recrutés dans le cadre du dispositif de pré-emploi (Anem), mais pas les enseignants dont certains exercent depuis de longues années».
Le 20 octobre dernier, ces enseignants ont observé un sit-in devant l’annexe du ministère et appelé à délivrer des autorisations exceptionnelles pour leur intégration dans les postes vacants, bien qu’ils reconnaissent qu’en matière de recrutement, la réglementation en vigueur ne leur permet pas de rejoindre la Fonction publique sans concours de recrutement.
Ils s’accrochent ainsi à leur revendication alors que le ministre avait écarté en juin dernier toute possibilité de recrutement directe des enseignants contractuels ou remplaçants à des postes permanents sans le passage par un concours, en citant les dispositions de l’article 80 de l’Ordonnance 06-03 du 15 juin 2006 portant statut particulier général de la Fonction publique.