Les syndicats de l’Education nationale sont en «état d’alerte». Si le ministère de tutelle et le gouvernement n’apportent pas les mesures escomptées, les syndicats iront «inéluctablement» vers un mouvement de grève dans le cadre de la CSA ou de leur Intersyndicale.

PAR MILINA KOUACI
Les enseignants sont dans un mauvais état d’esprit  dû au malaise social, accentué par la baisse du pouvoir d’achat et la surcharge du travail depuis l’adoption du mode d’enseignement par répartition de groupes. Les syndicats de l’Education devraient  statuer dans les prochains jours  sur le retour à la grève.
Mis à part la grève cyclique de deux jours  du Cnapeste, qui s’est poursuivie pour la 6e semaine consécutive, le premier trimestre s’est déroulé dans la quiétude et la sérénité. Nonobstant,  le 2e trimestre risque de connaître des «perturbations» si les principales revendications des syndicats demeurent en suspens.
«Si les engagements de la tutelle et des hautes autorités ne sont pas concrétisés ou que les solutions apportées seront en dessous des attentes, nous allons recourir à la protestation», met en garde Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef).
Pour lui, l’ouverture d’un concours de promotion au grade d’enseignant principal et formateur  ne va pas améliorer la situation des enseignants ou du personnel de l’Education. Ces derniers réclament une prise en charge effective des grands dossiers, en particulier, ceux du pouvoir d’achat, la revalorisation des salaires et de la retraite anticipée. «Dire que le ministère a lâché du lest en annonçant un concours de promotion n’est qu’un leurre. Le ministère organise annuellement ce concours, mais la crise sanitaire a chamboulé et impacté la situation. L’urgence est d’améliorer le pouvoir d’achat», insiste notre interlocuteur.
Comme le Conseil des lycées d’Algérie (CLA), l’Unpef appelle à l’unité syndicale pour faire valoir les revendications du personnel du secteur. «Aucun syndicat ne peut à lui seul arracher les revendications de tout le personnel et des travailleurs de la Fonction publique. Il faut s’unir pour faire concrétiser  les revendications communes  de tous les travailleurs des différents secteurs de la Fonction publique, y compris les enseignants, qui se sont  mobilisés l’année passée pour demander l’amélioration du pouvoir d’achat. 
Le corps enseignant exige, en effet, une augmentation de salaire à travers la revalorisation du point indiciaire afin de consolider le pouvoir d’achat en érosion. Octobre dernier, le Président a demandé au gouvernement d’augmenter le point indiciaire, après 14 ans de gel.  Actuellement, à l’ordre de 45 DA, son augmentation  se traduira pas une augmentation du point indiciaire de chaque catégorie salariale. «Le personnel du secteur s’est  mis d’accord  pour temporiser jusqu’à janvier afin de voir  si les engagements du Président  se concrétisent.  Et si l’augmentation du point indiciaire n’est pas conséquente, nous allons vers la protestation non seulement dans le secteur de l’Education, mais dans tous les secteurs relevant de la Fonction publique», alerte le porte-parole de l’Unpef.
S’agissant de la surcharge du travail engendré essentiellement par la reconduction du mode d’enseignement par répartition de groupe, M. Zegar plaide pour l’ouverture de nouveaux postes budgétaires afin de remédier à la surcharge du volume horaire que subissent les enseignants par manque d’effectifs.