Un vent de colère semble souffler sur le secteur de l’éducation, qui, après la menace de débrayage émanant de l’intersyndicale qui regroupe 6 organisations, risque de compter également avec l’action que prévoit prochainement la coordination des enseignants du primaire. Les enseignants du premier palier ont tenu d’ailleurs hier des sit-in devant leurs établissement sen menaçant d’aller vers des actions de protestation plus radicales si le ministère «ne tenait pas ses promesses qui remontent déjà à une année», reproche-t-on au niveau de la Coordination.

Dans un communiqué rendu public, la Coordination nationale des enseignants du primaire impute la responsabilité «d’éventuelle perturbations ou de confusion» dans le secteur à son ministère de tutelle, et ce, après près d’une année de «désengagement» quant à l’application des promesses exprimées lors d’une rencontre de concertation entre les deux parties qui remonte à mars de l’année écoulée.
«La tutelle a promis de satisfaire la plateforme de revendications des enseignants qu’elle avait qualifiée de légitimes, mais elle est restée lettre morte», regrette la Coordination.
Les enseignants du primaire, ajoute la même source, avaient jusque-là mis avant tout autre considération l’intérêt des élèves négativement impactés par la fermeture des écoles après la propagation du coronavirus en suspendant toute action de grève.
Mais cela ne semble être qu’une parenthèse dans la mesure où les enseignants ont observé, hier, des sit-in de protestation au sein de leurs écoles pour commémorer le premier anniversaire de «la marche de la dignité», considérée comme un précédent dans le cycle primaire.
Les enseignants avaient prévu le 17 février 2020 de se regrouper au niveau de la place des Martyrs et de marcher vers le Palais du gouvernement se disant que seules les hautes autorités du pays peuvent trouver des solutions à leurs problèmes.
Mais la marche a été avortée par les forces de l’ordre. Les enseignants ont célébré hier cette date en brandissant des pancartes à travers lesquelles ils ont réitéré les revendications de leur organisation syndicale.
Ils appellent, en particulier, le ministère à respecter ses engagements, notamment l’application du décret présidentiel 14/266 du 28 septembre 2014, fixant la grille indiciaire et le régime de rémunération du personnel du secteur.
La Coordination appelle également le département de Mohamed Ouadjaout d’ouvrir les portes de dialogue pour répondre aux revendications en suspens.
Parmi les revendications mises en avant par cette organisation syndicale figure la révision des programmes pédagogiques, des calendriers des vacances et de la rentrée scolaire pour les régions du sud du pays, la modification du statut particulier, de sorte à reclasser les enseignants du secondaire, du moyen et du primaire au même grade de base, la diminution du volume horaire, l’application immédiate du décret présidentiel N°266/14 avec effet rétroactif depuis sa parution en 2014, le recrutement de superviseurs afin d’assurer l’encadrement des élèves dans la cour et les cantines pour permettre aux enseignants de se consacrer à leurs tâches pédagogiques et, enfin, la création de nouveaux grades d’enseignants pour les matières scientifiques, littéraires et d’éducation physique.
Mais dans le cas où la tutelle ne répond pas positivement à leurs revendications, la Coordination compte renouer le 31 mars prochain avec la protestation, dont la forme et les mécanismes seront décidés par les assemblées générales du syndicat.