PAR MILINA KOUACI
Le spectre de la grève plane sur le secteur de l’Education. Après le Cnapeste, qui a annoncé une grève nationale cyclique, de deux jours, à partir du 2 novembre prochain, le conseil national de l’Unpef a mandaté son bureau national de se concerter et d’arrêter la date ainsi que les actions à entreprendre dans le cadre de la CSA et de l’Intersyndicale de l’Education.
Le secteur de l’Education nationale risque de connaître des perturbations à cause de la politique des gouvernements successifs qui «négligent» l’éducateur, ainsi que le «retard» qu’accuse le ministère de l’Education dans la concrétisation des revendications qui lui sont soulevées, dénonce l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef). Dans un communiqué sanctionnant son conseil national, les 20 et 21 octobre dernier à Blida, le syndicat menace d’enclencher des actions de protestation qui seront décidées dans le cadre de la Confédération des syndicats algériens (CSA).
Le syndicat a, en effet, dressé un bilan des plus alarmants sur la situation, dénonçant l’érosion du pouvoir d’achat, l’augmentation des prix des produits de consommation ainsi que le recul des libertés syndicales. Il s’agit également de la mise en place d’un statut particulier pour le secteur de l’Education, la publication des textes d’applications du décret présidentiel 266-14 avec effet rétroactif depuis sa délivrance, en 2014, ainsi que l’augmentation du budget de fonctionnement des écoles pour une meilleure gestion. Ils défendent le droit des travailleurs à une retraite proportionnelle et sans condition d’âge et exigent la révision des salaires et des primes des enseignants et du personnel.
La formation syndicale de Sadek Dziri réclame, également, l’ouverture de postes budgétaires pour les sortants des écoles supérieures afin de soulager les enseignants qui travaillent avec un volume horaire harassant, notamment, depuis l’adoption du système d’enseignement par répartition de groupe.
L’Unpef, qui exige de libérer les écoles primaires des Assemblées communales, demande la levée de la tutelle financière des collectivités locales sur l’école pour de meilleures conditions de travail, appelant à la prise en charge des revendications des enseignants de ce cycle. Il s’agit essentiellement du recrutement de superviseurs et d’agents administratifs afin d’assurer l’encadrement des élèves dans les cours et les cantines et permettre aux enseignants de se consacrer aux tâches pédagogiques. Dans le même contexte, l’Unpef revendique l’«équité» en matière d’heures de travail entre les trois paliers, et le reclassement des enseignants au même grade de base. Elle exige, par ailleurs, de consolider les budgets de fonctionnement des écoles des cycles moyen et secondaire.
L’Union réitère sa demande de réforme du système éducatif, la révision des programmes pédagogiques en associant les pédagogues et acteurs du secteur et plaide pour l’aménagement d’un calendrier spécial des examens officiels pour les wilayas du Sud en période de fortes chaleurs.
L’Unpef, qui incombe la responsabilité de la dégradation de la situation au ministère de tutelle et au gouvernement, appelle la famille éducative à s’unir pour arracher leurs revendications légitimes et les concrétiser sur le terrain.