L’organisation syndicale appelle aujourd’hui à une grève suivie d’un rassemblement et d’une marche.

Marqué par l’instabilité induite par la grève des enseignants du cycle du primaire, en cours depuis le 6 octobre, le secteur de l’Education nationale voit l’ouverture d’un nouveau front de contestation mené par l’Unpef qui enclenche aujourd’hui son débrayage.
Pour la circonstance, l’Union nationale des professionnels de l’éducation et de la formation annonce une journée très chargée en actions. L’organisation syndicale prévoit, en effet, un arrêt de travail accompagné d’un rassemblement devant le siège du ministère de l’Education nationale à Alger.
Il est aussi question d’une marche ce mercredi qui va couronner la contestation du jour. Le même syndicat a fait état, dans un communiqué rendu public, de sa détermination à radicaliser ses actions dans le cas où la tutelle ne répondrait pas favorablement aux revendications formulées.
L’Unpef dit ainsi « endosser » l’entière responsabilité au ministère de l’Education et, par ricochet, au gouvernement quant à la situation « inquiétante » qui prévaut dans le secteur depuis plusieurs mois. Le département d’Ouadjaout et l’Exécutif de Djerad sont accusés de privilégier la sourde oreille devant la multitude de doléances exprimées par divers syndicats du secteur.
L’Unpef reproche ainsi aux autorités leur atermoiement à lancer un « véritable dialogue pour concrétiser les engagements du chef de l’Etat » dans l’objectif de redresser la situation dans laquelle patauge l’Ecole algérienne.
Dans sa déclaration annonçant la grève d’aujourd’hui, l’Unpef dénombre onze revendications. Il s’agit notamment de ce qu’elle qualifie de refonte complète du système éducatif en révisant les programmes pédagogiques et l’encadrement dans le but d’atteindre un enseignement de qualité. Le même syndicat réclame aussi la révision du statut particulier du personnel afin de garantir l’autonomie du secteur vis-à-vis de la Fonction publique ainsi que la révision des salaires et des primes octroyées aux enseignants.
Il est également demandé à la tutelle de mettre en place les mécanismes appropriés pour l’amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs, l’activation du dossier de la médecine du travail, la révision des prestations relatives à la sécurité sociale des éducateurs et le lancement des formules d’habitat spécialement dédiées aux enseignants et employés du secteur.
L’Unpef revendique par ailleurs le droit à une retraite proportionnelle et sans condition d’âge comme il réclame également la révision du calendrier des vacances d’été dans le Sud, en prenant en considération la spécificité climatique de la région.
L’Unpef réitère, dans le même document, sa demande de révision de la loi 90-14 relative à l’exercice du droit syndical tout en pointant du doigt « l’insécurité à l’intérieur et aux alentours des établissements scolaires ».
Contexte contestataire aidant, la plateforme de l’Unpef apporte son soutien aux enseignants grévistes du cycle du primaire qui observent depuis plusieurs mois un débrayage hebdomadaire avec une tentative d’une marche la semaine passée. Il faut souligner que l’action de l’Unpef, en plus du fait qu’elle rejoint celle des enseignants du cycle primaire, intervient au lendemain de la mise
en garde de la tutelle qui désignait « des mouvements de protestation sans aucun respect de la législation, de la réglementation
en vigueur et des lois de la République».
La tutelle avait appelé «les parties concernées à faire preuve de prudence et de vigilance face à ces appels tendancieux et à ne pas les suivre », estimant qu’ils « ne reposent sur aucun cadre juridique autorisé, outre leur non-respect des procédures et obligations juridiques prévues dans le règlement général et les statuts y afférents».
En définitive, la question qui revient parmi les acteurs du secteur de l’Education, à présent que la contestation se multiplie, est de savoir si la tutelle finira par lâcher du lest et ouvrir un dialogue avec ses partenaires sociaux.<