Une session ordinaire de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) s’est tenue, durant deux jours, à Blida, pour débattre de l’actualité du secteur de l’éducation et de la formation, des revendications du syndicat ainsi que des difficultés auxquelles fait face le personnel enseignant, dont la surcharge des classes et les conditions socio-économiques difficiles des travailleurs.
Réunis, lundi et mardi à Blida, les membres de la direction de l’Unpef ont débattu de la situation socio-économique des travailleurs, avant de terminer leurs travaux par un ensemble de recommandations et de résolutions, dont certaines dépassent le cadre syndicalo-corporatiste dans lequel l’union s’inscrit. A cet effet, le syndicat prévient contre une «déstabilisation» du secteur de l’éducation si le gouvernement continue à ignorer les revendications des professionnels du secteur. Ses membres ont réitéré leur appel à la préservation des droits sociaux du personnel enseignant et para-enseignant, notamment par la reconduction de la mesure de retraite proportionnelle et la retraite sans condition d’âge. Une question en débat depuis que le gouvernement ne cesse d’alerter sur les difficultés financières du système de retraite dans notre pays. Les membres de la direction nationale de l’Unpef ont également appelé à l’amélioration des prestations de santé publique, la préservation de la gratuité des soins, et à la revalorisation des salaires. Toujours au volet des revendications socioprofessionnelles, l’Unpef, à l’instar de l’ensemble des syndicats du secteur, revendique l’amélioration du pouvoir d’achat, la révision du statut particulier du personnel de l’éducation, l’adoption d’un régime indemnitaire incitatif et la révision de la grille salariale en fonction de l’inflation. L’instance exécutive de l’Unpef a également dénoncé «les tergiversations méthodiques» de la tutelle dans le règlement des dysfonctionnements du statut du secteur de l’éducation et la non-application du décret présidentiel n°14-266. Au plan politique, le syndicat rejette toute «ingérence étrangère dans les affaires internes de l’Algérie», allusion au soutien du Parlement européen au Hirak, et appelle au «départ du gouvernement Bedoui rejeté par le peuple». L’occasion a été saisie pour revenir sur les manifestations pacifiques qui se déroulent dans le pays depuis le 22 février dernier. A cet effet, l’Unpef a réitéré son «soutien au mouvement», tout en soulignant que «la solution à la crise passe inévitablement par les urnes», un processus électoral qui, néanmoins, «doit être précédé de garanties et de mesures d’apaisement à même d’encourager les citoyens à aller voter». L’Unpef appelle ainsi à «cesser les arrestations contre les citoyens» participant au Hirak, et à «libérer les détenus d’opinion». L’Unpef réclame aussi «la levée des restrictions sur les médias publics et privés et la levée des interdictions de réunion dans les espaces publics, notamment à Alger».