Au troisième jour de leur débrayage hebdomadaire, les enseignants grévistes du cycle primaire font une évaluation «satisfaisante» quant au taux de suivi de l’action de contestation, estimé à 65 %. Ils annoncent par ailleurs que l’option de passer à une grève illimitée dans les établissements du premier palier de l’Education nationale sera étudiée ce week-end.

A en croire l’évaluation de membres de la Coordination nationale des enseignants du primaire, la grève cyclique de trois jours, du lundi au mercredi, a été assez suivie dans l’ensemble du pays avec un pic d’environ 65 % lors de la deuxième journée du mardi qui a coïncidé avec l’organisation d’un sit-in de protestation devant le siège de la tutelle où ont été exprimées de vive voix les revendications portées sur l’espace public depuis fin octobre.
Pour Yacine Khelifi, membre de la coordination et représentant de ses pairs de la wilaya de Médéa, «la mobilisation est allée crescendo dans le sens où le taux d’adhésion enregistré durant les deux derniers jours était plus important que celui de la première journée». Le même syndicaliste a fait part d’une adhésion plus significative dans certaines wilayas, citant d’Alger, Tizi-Ouzou, Bordj Bou-Arréridj et Tipasa.
A l’évidence, le secteur de l’Education achève aujourd’hui une semaine difficile qui a confirmé, si besoin est, le malaise qui couve. Un malaise qui tend plus que jamais à inquiéter les parents d’élèves qui ne savent plus à quel saint se vouer. D’autant plus que la grève s’inscrit dans la durée et qu’aucun signe de dénouement ne se profile à l’horizon, en dépit de l’annonce faite la semaine écoulée par le ministre, Mohamed Ouadjaout, de se pencher sur les dysfonctionnements qui marquent la gestion de ce cycle.
C’est dans ce contexte, plus qu’inquiétant pour la scolarité des élèves, que la Coordination des enseignants du primaire, née dans le sillage de ce débrayage, brandit la menace d’une grève illimitée dont les conséquences seront sans doute lourdes. «Une réunion se tiendra ce week-end pour décider des formes à donner à la contestation de façon à avoir plus d’écho», explique M. Khelifi, qui fait part d’une «détermination des enseignants à aller vers une grève illimitée». Il s’agit pour nous d’«ouvrir le débat en évaluant la grève de cette semaine et de se projeter dans l’avenir de manière à maintenir la pression sur les autorités si jamais elles ne consentent pas à répondre favorablement à nos revendications», a relevé le même syndicaliste. Ce dernier a souligné, par la même occasion, que «les revendications formulées sont claires et nettes», ajoutant que les enseignants grévistes souhaitent «une feuille de route bien déterminée dans le temps pour répondre aux préoccupations exprimées».
Ces revendications portent notamment sur l’application du décret présidentiel 14-266 afin de ramener les enseignants du primaire à l’échelon 12 avec effet rétroactif depuis l’année 2014, l’unification de la classification avec les autres paliers, la suppression des tâches non pédagogiques ou, à défaut, bénéficier d’une compensation considérable en contrepartie.