Le ministre de l’Education nationale, qui a réuni mercredi les représentants des organisations syndicales, s’est également adressé aux enseignants du cycle primaire, qui défrayent la chronique par un mouvement de grève inscrit dans la durée.
Les enseignants du primaire observent, en effet, un débrayage de deux jours (lundi et mercredi) chaque semaine. Cette situation qui fait désordre dans le secteur agace davantage la tutelle dans le sens où les initiateurs de la grève ne sont pas représentés par un syndicat agréé. D’où la gêne des autorités à traiter cette contestation.
C’est la raison qui a poussé le successeur de Belabed à la tête du secteur à s’adresser indirectement aux grévistes en promettant un règlement des problèmes qui se posent dans le premier palier de l’Education nationale dans le cadre d’une refonte du fonctionnement de ce cycle. « L’un des points qui ont été abordés, mercredi, lors de la réunion qui a regroupé le ministre de l’Education et les représentants des syndicats du secteur, a été le volet du cycle primaire en pleine ébullition ces temps-ci en raison de la contestation hebdomadaire, menée depuis octobre dernier, par la Coordination nationale des enseignants du cycle primaire », affirme un syndicaliste présent à cette rencontre.
Le ministre Mohamed Ouadjaout a ainsi promis d’œuvrer pour trouver des solutions à tous les problèmes qui « se sont cumulés dans ce cycle depuis des années. Ce qui permettra de facto de régler le problème de la grève qui dure depuis plus de trois mois », a relevé la même source.
Interrogé hier sur cette question, Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire (Cnapeste), une organisation syndicale qui a participé à ladite réunion, a affirmé que le ministre a abordé
« la question du primaire comme étant un cycle qui a besoin d’une révision ». « Le ministre a été par la même occasion mis au courant des erreurs et des déséquilibres pour pouvoir corriger cette situation », ajoute le même responsable. Mais pour Messaoud Boudiba, il ne fait point de doute que « malgré la sensibilité du cycle, les problèmes du secteur de l’Education sont liés les uns aux autres et dans tous les cycles».
Il a souligné dans ce sens que « mis à part cette question de l’application du décret présidentiel 266- 14, qui concerne le cycle primaire, les autres problèmes concernent tous les cycles en même temps à l’instar de celui de la retraite ».
A propos du décret présidentiel 266-14, Boudiba faisait allusion à l’application des classifications qui sont inclues dans ce décret, à savoir l’attribuer l’échelon 12 aux enseignants du primaire alors que ceux qui ont été recrutés en extra, ces dernières années, ont bénéficié de l’échelon 11 parce que leur recrutement s’est fait sur la base d’un diplôme LMD qui comporte un bac plus 3 années d’études à l’université.
Selon le porte-parole du Cnapeste lui-même, les problèmes liés à ce décret concernent aussi les conseillers de l’éducation.
Pour ce qui est du programme de ce cycle, le même intervenant parle de « la nécessité de le réviser», un constat que semble approuver le ministre, qui n’a pas hésité à parler de la nécessaire refonte de l’enseignement dans le cycle primaire.
En attendant de voir de quoi sera faite cette révision annoncée, M. Boudiba a tenu à rappeler les doléances des syndicalistes du secteur plaidant notamment pour « l‘allégement des programmes dans ce cycle pour permettre aux élèves de mieux assimiler les cours ».