PAR MILINA KOUACI
Lassées par les promesses de la tutelle, neuf organisations constituant l’Intersyndicale de l’Education haussent le ton et exigent de la tutelle de concrétiser ses engagements, notamment, la révision du statut particulier selon un échéancier clair et précis ainsi que l’augmentation de la prime ISSRP. Si les autorités n’apportent pas de réponses aux revendications restées en suspens, les syndicats du secteur n’écartent pas la possibilité de renouer avec la grève.
A l’issue d’une réunion, samedi, au siège de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de formation (Unpef), l’Intersyndicale de l’Education a brandi la menace de recourir à des actions de protestation compte tenu de la conjoncture exceptionnelle dans laquelle intervient la rentrée scolaire, marquée par une détérioration du pouvoir d’achat. L’Intersyndicale a manifesté son attachement à la plateforme de revendications qu’elle avait exprimée, en invitant les travailleurs du secteur à rester mobilisés pour la satisfaction pleine de toutes les revendications. Il s’agit en particulier de l’amélioration du pouvoir d’achat, la révision de la grille des salaires, le rétablissement de la retraite proportionnelle et sans condition d’âge, ainsi que la révision des programmes et des méthodes d’enseignement.
L’Intersyndicale incombe «ouvertement» la responsabilité au département de Abdelhakim Belabed ainsi qu’au gouvernement de satisfaire les revendications soulevées en les exhortant à les prendre en charge dans les meilleurs délais. Si le statu quo persiste, l’Intersyndicale aura recours aux actions de protestation. La nature de ses actions sera décidée lors d’une prochaine réunion après consultation de la base militante de chacun des neuf syndicats. Il s’agit entre autres, des conseillers et adjoints de l’Education, du Conseil des enseignants des lycées (CLA), des directeurs des écoles primaires, de la corporation des intendants et des travailleurs de l’Education et le personnel de l’Education et de la formation (Unpef).
Le président de l’Unpef, Sadek Dziri, exige l’amélioration de la situation des travailleurs de l’éducation. «Depuis plusieurs mois, nous faisons que mettre en garde contre la situation sociale et les conditions de travail», dit M. Dziri. Pour lui, il n’y a que des «engagements concrets» qui seront en mesure d’apaiser la colère des travailleurs. La baisse vertigineuse du pouvoir d’achat exige de trouver des solutions en urgence, en attendant de promulguer un nouveau statut des travailleurs du secteur. Le président de l’Unpef exige en particulier d’augmenter l’indemnité de soutien scolaire et remédiation pédagogique (ISSRP) servie mensuellement au taux de 15 % à 60%. Il appelle également à l’application immédiate du décret présidentiel 14/266 266 fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires ainsi que l’ouverture des postes budgétaires pour lever la pression sur les enseignants, notamment dans les cycles moyen et secondaire. «La menace d’une explosion sociale pèse, l’année passée, des syndicalistes se sont joints à une action sans couverture syndicale, qui a paralysé les écoles pendant de long mois. Nous sommes obligés de nous mobiliser afin de défendre les droits des travailleurs et faire valoir leurs revendications».
«Que des promesses», dit avec consternation Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep). Selon lui, la colère est à son paroxysme en raison de la non-prise en charge des revendications des travailleurs. Les hautes autorités doivent, estime-t-il, ouvrir le dialogue pour satisfaire les doléances des travailleurs, notamment pour protéger le pouvoir d’achat. «Le pouvoir d’achat est en chute libre. Nous avons des salaires équivalant à des primes», déplore le président du Snadep. Ce dernier exprime toutefois son souhait que la tutelle et l’Executif «trouvent une solution pérenne» aux problèmes soulevés dans le secteur. n