Les revendications socioprofessionnelles reviennent au premier plan dans le secteur de l’Education nationale après avoir été occultées par les exigences du contexte sanitaire.

Mais, vraisemblablement, ce n’est qu’une parenthèse d’accalmie puisque plusieurs catégories du secteur remettent au goût du jour diverses revendications socioprofessionnelles qui n’ont pas eu le traitement adéquat, selon des organisations syndicales, lesquelles pointent «le mutisme de la tutelle» devant des situations préoccupantes.
Le porte-parole de l’Union nationale des travailleurs de l’éducation et de la formation (Unpef), Abdelouahab Lamri Zegar, se dit, à ce propos, étonné devant l’attitude de la tutelle alors que les signes d’insatisfaction sont multiples.
«Nous avons organisé des actions en solo et nous avons élaboré une plateforme de revendications avec la Confédération des syndicats algériens, sans que le département de Mohamed Ouadjaout ni le gouvernement de Djerad ne réagissent», dit M. Zegar. C’est la raison pour laquelle le représentant de l’Unpef craint une «explosion sociale si la tutelle campe sur sa politique de fuite en avant» et continue d’ignorer son partenaire social, alerte le porte-parole de l’Unpef.
«Nous dénonçons le silence de la tutelle qui refuse d’ouvrir un dialogue avec les syndicats de l’Education, et au moment où le gouvernement ignore les revendications des syndicats», ajoute notre interlocuteur.
Dans sa formulation des revendications, l’Unpef réclame entre autres la révision du statut particulier du personnel de l’éducation, la révision des salaires, l’amélioration des conditions sociales des corps communs et revendique, également, le droit à une retraite anticipée sans conditions d’âge.
«Nos revendications demeurent les mêmes depuis 2016. Elles sont toujours en suspens», dit pour sa part Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste).
«Les revendications phares du syndicat ne sont pas prises en charge. Elles sont liées principalement à la retraite anticipée, au pouvoir d’achat et à l’attribution de logements de fonction. Cette situation n’augure rien de bon», estime M. Boudiba. Ce dernier rappelle qu’avant les vacances d’hiver, des enseignants et directeurs sont descendus dans la rue pour dénoncer et marquer leur désapprobation par rapport aux conditions de travail. «Mais qui saura garantir à la tutelle que ces actions ne se reproduiront pas et ne se radicalisent pas avec la reprise du chemin de l’école.» Exprimant ainsi sa crainte vis-à-vis «d’une éventuelle perturbation du secteur», avertit-il.
«Le malaise social ne cesse de s’accentuer», dit, quant à lui, Abdelkrim Gaid, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep). «Le ministère ignore totalement nos revendications», regrette M. Gaid, qui indique que la dernière correspondance de la tutelle à son syndicat date du 13 octobre, soit une semaine après la journée de grève observée par le Snadep. «Près de quatre mois après notre débrayage, la tutelle campe sur sa politique de fuite en avant», dénonce M. Gaid, pour qui «cette relative accalmie risque de ne pas durer longtemps».
Preuve en est, dira-t-il, l’intention des proviseurs qui comptent renouer avec la protestation pour faire valoir leur plateforme de revendications. «Nous allons tenir dans les jours à venir une réunion du bureau national afin de décider des actions à entreprendre», dit-il.
Les proviseurs exigent notamment de détacher les écoles primaires de la gestion des collectivités locales, la réhabilitation du directeur d’école, la révision de sa classification professionnelle en raison de l’importance de sa charge.
De quoi prédire, en définitive, des actions de contestation qui risquent de freiner la bonne marche du volet pédagogique en contexte d’épidémie. n