Le ministère de l’Education nationale a distribué un formulaire aux directions de l’éducation portant sur l’enseignement de tamazight dans les établissements scolaires, et ce, pour le compte de la prochaine rentrée scolaire, apprend-on de bonne source.

À travers ce document, la tutelle compte recueillir des informations sur l’avis des parents d’élèves et savoir si ces derniers acceptent ou refusent l’enseignement de tamazight pour leurs enfants, sachant que cet enseignement est toujours à caractère facultatif. «La procédure va prendre un peu de temps. Les directions de l’éducation vont soumettre le formulaire aux directeurs des établissements qui vont, à leur tour, transmettre des copies aux parents d’élèves pour qu’ils les remplissent et s’expriment sur la question», explique notre source, qui voit en cette opération un référendum que la tutelle «veut mener sur une langue officielle et nationale». Une démarche qui est «en contradiction avec la Constitution de 2016, qui stipule en son article 3 bis que  tamazight est également langue nationale et officielle», soutient, pour sa part, Nabil Ferguenis, membre du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). Le ministère de l’Education «ne veut pas pour l’instant modifier ou revoir la loi d’orientation de l’éducation de 2008 qui a donné le caractère facultatif à l’enseignement d’une langue officielle», fait remarquer M. Ferguenis, rappelant que cette langue a été «introduite dans l’enseignement depuis une vingtaine d’années, mais continue néanmoins à  faire l’objet d’un traitement non conforme à son statut de langue nationale et officielle consacré par la Constitution». «L’un des objectifs du Satef est la suppression du caractère facultatif de tamazight dans le cursus scolaire et son enseignement obligatoire», ajoute notre interlocuteur. Pour rappel, Abderezzak Dourari, professeur des sciences du langage et de traductologie, a déjà expliqué que la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe est une opération «quasiment impossible» à réaliser si, au préalable, il n’existe pas  une loi organique qui définit le processus de mise en œuvre du caractère officiel de la langue et sans une académie de langue censée la normaliser.