Par MILINA KOUACI
La gestion des fonds des œuvres sociales de l’Education nationale continue de constituer une source de tension dans le secteur. Surtout que le processus d’élection des commissions de wilaya – devant aboutir à celle nationale chargée de la gestion de ces fonds – a été entamé.
Après les avis de boycott de ce processus annoncé par le Satef et le CLA, le Syndicat national des corps communs et ouvriers professionnels de l’Education nationale (SNCCOPEN) a jugé plus «opportun» d’intenter une action en justice contre la tutelle. Objectif : obtenir l’arrêt des élections et leur organisation au niveau des directions de l’Education. «Nous avons décidé de poursuivre en justice le ministère de l’Education afin d’arrêter l’élection des membres de commissions de wilaya», indique Sid-Ali
Bahari , secrétaire général du SNCCOPEN.
Les élections ont été entamées, faut-il le souligner, le 21 mars au niveau des établissements scolaires afin d’élire les membres des commissions de wilaya avant d’aller vers l’élection d’une nouvelle commission nationale chargée de la gestion des fonds des œuvres sociales. «Nous souhaitons organiser les élections des commissions de wilaya au niveau des directions de l’Education comme c’est le cas pour les commissions administratives paritaires», explique notre interlocuteur.
Vraisemblablement, la polémique sur la commission des œuvres sociales de l’Education nationale est loin de connaître son épilogue et le cercle des contestataires vient de s’élargir dans le sillage de l’appel des syndicats des enseignants du CLA et du Satef de boycotter les élections de nouveaux représentants de ladite commission. L’intention du SNCCOPEN d’ester en justice la tutelle affirme que les positions des syndicats du secteur ne convergent pas sur le mode de gestion des fonds de la commission et du mode de vote des membres des commissions de wilaya et nationale.
Si des syndicats d’enseignants exigent une gestion décentralisée, en mettant en place des commissions dans chaque établissement scolaire, le SNCCOPEN exige, pour sa part, d’organiser les élections au niveau des directions de l’Education de chaque wilaya. «Les travailleurs du secteur élisent de nouveaux membres de commissions de wilaya. Mais le vote se fait au niveau des établissements scolaires», dénonce M. Bahari, qui considère que ce mode d’élection est en contradiction avec le mode de gestion de ladite Commission des œuvres sociales. Pour lui, «les élections des membres de la commission de wilaya devraient se faire au niveau des directions de l’Education pour être en harmonie avec le mode de gestion», poursuit le secrétaire général du SNCCOPEN.
Il reproche ainsi à d’autres corporations du secteur de s’emparer de la commission des œuvres sociales, en citant en particulier le Cnapeste et l’Unpef qu’il accuse de «mauvaise gestion». «Les fonds de la commission ne parviennent pas aux nécessiteux et aux travailleurs les moins payés et les derniers dans la grille indiciaire du secteur», a regretté Sid-Ali Bahari. Notre interlocuteur reproche à la tutelle de ne pas prendre en considération les propositions qu’il avait formulées pour asseoir la justice professionnelle dans le secteur et entre les différentes corporations du secteur, indiquant avec amertume que la corporation des corps communs estimée à 200 000 travailleurs se sent «lésée». n