Les inspecteurs de l’Education nationale estiment plus judicieux de voir les candidats au Baccalauréat de cette année, rendez-vous renvoyé au mois de septembre prochain à cause de la crise sanitaire, ne passer que les épreuves des matières essentielles pour chaque filière.
Comment seront comptabilisées les autres matières dites non essentielles ? Pourquoi se contenter des épreuves des matières essentielles en abandonnant les autres alors que l’examen a été reporté afin de réunir les conditions d’un déroulement du bac tel qu’il est organisé chaque année ?
Le Syndicat des inspecteurs de l’Education nationale (SIEN) n’a pas fourni, dans son communiqué rendu public, de plus amples explications sur ses suggestions qui, en plus de venir tardivement, sonnent comme des propositions bancales et en déphasage avec le contexte exceptionnel et surtout générateur d’une entorse sur le système d’évaluation d’un examen aussi important que le Baccalauréat. « Les candidats du Baccalauréat de l’année scolaire 2019/20 « ne devraient être exceptionnellement examinés que dans les matières essentielles selon la filière, tout en trouvant en même temps une formule permettant de comptabiliser la moyenne des matières non essentielles», lit-on dans le communiqué du SIEN. Exprimant des appréhensions quant à la préparation des candidats, les inspecteurs craignent la « rupture pédagogique imposée par le coronavirus qui fera de tous les candidats au bac cette année des candidats libres».
Par ailleurs, le Syndicat des inspecteurs n’a pas été tendre envers la tutelle qui est coupable, à ses yeux, de les avoir exclus des concertations menées avec les organisations syndicales du secteur et qui ont été ponctuées par la décision, annoncée en Conseil des ministres, de reporters le bac et le BEM au mois de septembre prochain. « Nous avons été surpris par l’annonce portant la fin de l’année scolaire alors que des inspecteurs et des enseignants faisaient des efforts pour préparer et dispenser des cours à distance pour pallier l’impossibilité de poursuivre les cours en mode présentiel », explique le SIEN. Ce dernier parle d’une décision prise « de façon hâtive et non réfléchie de reporter à la mi-septembre les examens de fin de cycle moyen et secondaire », estimant que cette décision impactera inéluctablement les candidats et le déroulement de la prochaine rentrée scolaire. Le SIEN dit également craindre de « gros dysfonctionnements » à la prochaine rentrée scolaire prévue au mois d’octobre prochain, proposant de « multiplier le nombre de centres de déroulement des examens et ceux de corrections, vu que la correction prend en temps normal six semaines.
Partant de l’idée que le monde n’a pas pour le moment trouvé un vaccin contre la pandémie de la Covid-19, le syndicat appelle à méditer et planifier pour cohabiter avec le coronavirus dans la durée. « On appelle le ministère de l’Education nationale à mettre en place un plan réfléchi dans le cadre du respect des mesures de prévention et de distanciation sociale », recommande les inspecteurs. Il s’agit entre autres d’instaurer le système de rotation pour des classes moins chargées et de multiplier les centres d’examens et ceux de corrections, explique-t-on.
Le syndicat invite, également, la tutelle à penser à recourir aux technologies d’information et de la communication et d’exploiter les différentes applications qui permettront de suivre les cours à distance. n