PAR MILINA KOUACI
L’Union nationale des enseignants de l’enseignement primaire (Uneep) – en cours de constitution – menace de revenir à la charge si ses préoccupations ne sont pas prises en considération dans le nouveau statut particulier des travailleurs de l’éducation. La Commission mixte chargée de l’élaboration du statut particulier poursuit ses réunions avec le partenaire social. Selon des acteurs sociaux, le nouveau projet de loi sera finalisé d’ici septembre et entrera en vigueur en janvier prochain.
Cependant, depuis que la tutelle a entamé des séances de travail pour la révision du statut particulier des travailleurs de l’éducation, en octobre 2022, nombre de syndicats ont mis en garde la tutelle d’ignorer leurs propositions ou d’élaborer une nouvelle loi qui maintiendrait les dysfonctionnements en vigueur. Ce qui risque de faire des mécontents et de créer la confusion dans le secteur loin de la stabilité et la sérénité exigées, avertit l’Union nationale des enseignants de l’enseignement primaire.
«Les instructions du Président pour l’ouverture du dossier du statut particulier avaient pour objectif de solutionner les problèmes de l’enseignant», rappelle le syndicat. Abdelmadjid Tebboune s’est engagé, en effet, pendant la campagne électorale de 2021 et le jour où il a prêté serment, à prendre en charge les revendications des enseignants.
Cette corporation a remis une lettre au président de la République, au Premier ministre et au ministère de l’Education nationale dans laquelle elle demande d’assumer ses responsabilités envers les enseignants du cycle primaire et réclame le reclassement des enseignants des trois cycles au même grade de base, sachant que la Coordination réclame un «statut particulier propre à l’enseignant». Elle invite dans ce sens, les syndicats du secteur à défendre les travailleurs et à concrétiser leurs revendications. Pour eux, on ne peut aller vers une école de qualité sans prendre en charge les revendications socioprofessionnelles de l’enseignant.
Les revendications de cette corporation remontent à octobre 2019, date du déclenchement d’un mouvement de grève surprise dans les écoles du cycle primaire. Dans sa plateforme de revendications, les enseignants exigent l’application immédiate du décret présidentiel 266-14, fixant la grille indiciaire des traitements et le régime de rémunération des fonctionnaires, avec effet rétroactif. La coordination réclame, par ailleurs, une révision à la hausse des salaires, du statut particulier et du programme d’enseignement et de libérer l’école primaire de la gestion des collectivités locales. Les enseignants réclament également, le droit au départ à la retraite anticipée sans conditions d’âge.