Ils tiennent à leur intégration dans le corps enseignant sans passer par le concours et sollicient l’intervention du Président de la République.

Les contractuels du secteur de l’Education n’en démordent et ne cessent de gronder contre le ministre Mohamed Oudjaout suite à sa décision de recourir aux listes d’attente du concours de recrutement des enseignant. Le premier responsable du secteur a, en effet, autorisé récemment les directeurs de l’éducation des wilayas à puiser dans les listes d’attente du concours de recrutement des enseignants, organisé au titre de l’année scolaire 2017/18, afin «d’assurer le cadre pédagogique nécessaire à la scolarisation régulière des élèves lors de la prochaine rentrée scolaire», a-t-il justifié. Ainsi, il leur a été demandé de se référer à ces listes afin d’occuper les postes budgétaires dans la limite du besoin pédagogique de toutes les matières d’enseignement». Mais, les contractuels tiennent à leur revendication de rejoindre la Fonction publique sans passer par un concours de recrutement. Dans un communiqué rendu public dimanche, la coordination des enseignants contractuels interpelle le Président de la République afin qu’il intervienne pour régulariser leur situation. Ces derniers, au nombre de 10 000 répartis dans les trois paliers de l’éducation, revendiquent «la régularisation de leur situation comme cela a été le cas pour les titulaires de diplômes recrutés dans le cadre du dispositif pré-emploi», soulignent-ils, considérant que «faire appel aux contractuels est une nécessité pour garantir un encadrement et une stabilité pour une année pédagogique réussie sans obstacle». Pour ces raisons, il serait «judicieux» de régulariser leur situation dans les plus «brefs délais», réclament-ils.
Et de prévenir que le recours aux listes décidé par le ministère «ne va pas combler le déficit, notamment dans les matières dont aucun concours n’a été organisé depuis des années». Sur ce registre, sont cités le français, l’anglais, les mathématiques et la physique. Raison pour les enseignants contractuels d’insister sur le fait que «le recours aux listes d’attente est une nécessité». Mais, ils ne manquent pas l’occasion de pointer d’un doigt accusateur la loi en vigueur, qui, estiment-ils, «entrave» leur intégration, à travers notamment l’article 80 de l’Ordonnance 06-03 du 15 juin 2006 portant statut particulier général de la Fonction publique. Celui-ci stipule que l’employé contractuel n’a pas le droit d’avoir le statut de fonctionnaire ni le droit de s’intégrer parmi les différentes catégories de la Fonction publique. Le ministre avait, de ce fait, écarté toute possibilité de recrutement direct des enseignants contractuels ou remplaçants à des postes permanents sans le passage par un concours. Ripostant à cette démarche, la coordination des enseignants contractuels y décèle «une loi oppressante qui entrave notre intégration». «On rejette cette politique d’emploi humiliante», dénoncent encore les contractuels en colère, avant de rappeler que la tutelle avait promis de statuer sur leur dossier et de trouver des «solutions consensuelles». <