La Coordination nationale des enseignants contractuels de l’Education nationale revient à la charge. Les contractuels, qui s’étaient contentés de sit-in de protestation au niveau des wilayas depuis que les autorités publiques avaient instauré des restrictions liées aux déplacements en raison de la propagation de coronavirus, décident de hausser le ton après l’allégement du dispositif du confinement et de la levée du gel sur l’activité du transport inter-wilayas. «Nous allons observer un sit-in national de protestation au niveau d’Alger», indique Mustapha Kassad, porte-parole de la Coordination nationale des enseignants contractuels.
Mais, selon ce dernier, le sit-in n’est qu’une première étape dans le processus de protestation puisqu’il sera suivi, en cas de non-réaction de la tutelle, d’une marche nationale jusqu’à satisfaction des revendications consistant en l’intégration sans condition dans des postes vacants, la priorisation des enseignants remplaçants dans le recrutement, la valorisation de l’expérience professionnelle.
«Après le sit-in, nous allons accorder un ultimatum de quelques jours à la tutelle pour satisfaire nos revendications ou l’ouverture d’un dialogue pour aboutir à des solutions consensuelles comme la tutelle nous l’avait promis auparavant. Dans le cas contraire, nous allons inéluctablement vers l’organisation d’une marche nationale dont le point de départ sera décidé en temps opportun», ajoute notre interlocuteur.
M. Kassad indique que la colère des enseignants contractuels gronde en raison de «leur marginalisation» contrairement aux autres catégories, à l’image des titulaires de diplômes recrutés dans le cadre du dispositif pré-emploi qui continuent de bénéficier d’une intégration directe dans les postes vacants». Il rappelle également que le ministère de l’Education a autorisé, en juillet dernier, le recours aux listes d’attente du concours de recrutement des enseignants pour une scolarisation régulière, «mais n’intègre pas les contractuels, dont certains ont une expérience d’enseignement de dix ans», regrette M. Kassad.
Il a estimé à 15 000 enseignants dans les trois paliers et juge qu’il est «insensé» que la tutelle les soumette à un concours de recrutement en raison des compétences acquises grâce aux années d’expérience et d’exercice sur le terrain.
Ces derniers s’accrochent, en effet, à leurs revendications bien que le ministre avait écarté, en juin dernier, dans une réponse écrite à une question d’un député, toute possibilité de recrutement directe des enseignants contractuels ou remplaçants à des postes permanents sans passage par un concours. Mohamed Ouadjaout avait expliqué que le recrutement de cette catégorie se fait conformément aux dispositions de l’article 80 de l’ordonnance 06-03 du 15 juin 2006 portant statut particulier général de la Fonction publique, ainsi qu’à l’article 22 qui stipule que l’employé contractuel n’a pas le droit d’avoir le statut de fonctionnaire ni le droit de s’intégrer dans les différentes catégories de la Fonction publique.