PAR MILINA KOUACI
Fermées depuis le 20 janvier, les écoles rouvrent aujourd’hui après une baisse des contaminations au coronavirus. Le ministère de l’Education nationale a appelé au respect du protocole sanitaire et insisté sur l’importance de poursuivre l’opération de vaccination pour atteindre l’immunité collective et assurer la continuité des cours. Les syndicats qui demandent d’appliquer le protocole sanitaire dans les écoles appellent, par ailleurs, à la concrétisation de leurs revendications pour assurer la quiétude du secteur.
Les élèves des trois cycles de l’Education retournent sur les bancs des écoles aujourd’hui. Les syndicats enseignants estiment que la décision de rouvrir les écoles après une fermeture de 15 jours était prévisible en raison de la baisse des contaminations à la Covid-19.
« La vitesse de transmission du nouveau variant Omicron a imposé la fermeture des écoles. Maintenant que la situation sanitaire tend à se stabiliser, il était prévisible que les hautes autorités décident de rouvrir les écoles», dit Sadek Dziri, président de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef). Une position partagée par le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) Zoubir Rouina. Pour lui, la période de suspension a été l’occasion de se restructurer et préparer les écoles pour la reprise».
Le président de l’Unpef a, de son côté, insisté sur la nécessité de respecter le protocole sanitaire et de mettre à la disposition des écoles les moyens humains et matériels permettant de le concrétiser sur le terrain, notamment dans les écoles primaires. «Les moyens des écoles diffèrent. Le protocole est plus ou moins appliqué dans les établissements des cycles moyen et secondaire. Nous avons les écoles primaires qui dépendent des Assemblées populaires communales et qui rencontrent des problèmes dans l’application du protocole sanitaire». Il appelle, à ce propos, le personnel de l’Education à se faire vacciner. «La vaccination renforce l’immunité collective et préserve la vie des écoliers et du personnel du secteur».
Proposition pour rattraper les cours perdus
Les grèves qu’a connues le premier trimestre ainsi que la période fermeture des écoles auraient «impacté» le déroulement de l’année scolaire. Des syndicats et parents d’élèves s’inquiètent des conséquences pédagogiques du retard accumulé dans l’application du programme. Les parents d’élèves estiment que le retard « est considérable». Le président de l’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE) Ali Benzina a appelé le ministère de l’Education à élaborer un plan dans les meilleurs délais pour remédier à la situation, indiquant que le programme est en retard d’un mois. Il explique, «il y a eu des grèves au premier trimestre ainsi que la suspension des cours de deux semaines, ce qui a entraîné un retard d’environ un mois». Pour le président de l’ONPE, il sera «difficile» de rattraper les heures perdues car «nous sommes aux portes des examens.». Idem pour le président de l’Unpef qui estime que le ministère devrait mettre en place une stratégie pour rattraper les cours perdus. Ce dernier propose de sauter les devoirs du deuxième trimestre, maintenir les examens et réduire les vacances de printemps d’une semaine dans l’intérêt des élèves et de l’année scolaire. Le secrétaire général du CLA plaide, pour sa part, et à titre exceptionnel, pour l’organisation d’une année scolaire en deux phases, au lieu de maintenir le système des trois trimestres. « L’important est le niveau des élèves et les connaissances acquises».
Dans un autre contexte, et afin d’éviter la perturbation de l’année scolaire, les syndicats du secteur demandent à ce que la tutelle et le gouvernement accordent plus «d’attention et d’intérêt» au personnel de l’Education et de répondre par la positive à ses revendications socioprofessionnelles, notamment celles liées à la protection du pouvoir d’achat.
«Nous aspirons à ce que le gouvernement prenne en charge nos revendications», dit Sadek Dziri. «La réaction était médiocre», dit M. Dziri, citant la décision de la baisse de l’IRG et la révision du point indiciaire à la hausse. «Hormis le statut particulier que le ministère s’attelle à revoir avec le partenaire social, tous les autres dossiers demeurent en suspens», regrette le président de l’Unpef. « Le personnel du secteur subit les conséquences de l’inflation et de l’érosion de pouvoir d’achat. En soulevant des revendications socioprofessionnelles, l’objectif est de parvenir à la stabilité du secteur et à une école publique de qualité», soutient, de son côté, le secrétaire général du CLA.
Il y a lieu de rappeler que le Premier ministère a décidé de lever la suspension des cours dans le respect du protocole sanitaire validé par le Comité scientifique de suivi de la pandémie. Le Gouvernement a décidé «de mettre en œuvre, avec toute la sévérité requise, les mesures de fermeture des établissements, espaces et lieux où serait constatée toute infraction aux mesures sanitaires édictées en la matière, notamment l’exigence du port obligatoire du masque de protection, les mesures d’hygiène et la distanciation physique ainsi que les protocoles sanitaires dédiés aux différentes activités.
Dans ce sillage, le ministère de l’Education nationale a appelé tout un chacun au respect du protocole sanitaire adopté par le Comité scientifique et à s’en tenir aux mesures préventives pour protéger la santé des élèves et des encadreurs en milieu scolaire. Il a, également, insisté sur l’importance de poursuivre l’opération de vaccination des personnels du secteur notamment les non vaccinés pour qu’ils puissent adhérer à cette démarche à même garante principale pour atteindre l’immunité collective et assurer la continuité des cours. <