Les directeurs d’école primaire ne comptent pas abandonner leur contestation. Ils projettent une réunion dans les «plus brefs délais», afin de décider des actions à entreprendre à l’avenir pour faire entendre leur voix, tout en rappelant d’ores et déjà à la tutelle sa «responsabilité» dans l’insatisfaction des revendications des chefs d’établissement du premier palier du secteur de l’Education.
Le président du Syndicat national des écoles primaires (Snadep) Abdelkrim Gaïd dénonce à cet effet, une nouvelle fois, ce qu’il considère comme le «mutisme de la tutelle» et son «désengagement» devant «les revendications légitimes» formulées depuis plusieurs mois. Une attitude qui, selon notre interlocuteur, a suscité une «vive colère» chez les directeurs qui promettent de se mobiliser afin d’arracher leurs droits socioprofessionnels.
« Il y a une situation de malaise qui prévaut dans les établissements du primaire», poursuit M. Gaïd, qui n’hésite pas à imputer la responsabilité de toute confusion ou dégradation de la situation dans les établissements du cycle primaire à la tutelle. Ce dernier lui reproche ainsi «de ne pas avoir l’intention de régler les dossiers qui demeurent en suspens, en usant de supercherie et de ruse à travers sa politique de fuite en avant», regrette M. Gaïd. Le président du Snadep dénonce, entre autres, les obstacles et insuffisances qui empêchent le responsable d’une école d’accomplir aisément les missions qui lui sont assignées.
Notre interlocuteur explique que les proviseurs d’école primaire ont été étonnés, voire exaspérés, par le décret exécutif 21/61 portant sur le versement des montants de la prime de scolarité dans les comptes courants postaux des parents ou des tuteurs d’élèves bénéficiaires, donc, du maintien de la gestion de ce dossier par les directeurs d’établissement scolaire. «Alors qu’on s’attendait à une décision conférant la prise en charge effective du dossier de la prime de scolarité aux autorités compétentes loin de l’école, nous avons été surpris par une décision désespérante faisant état du maintien de la gestion du dossier par les proviseurs», ajoute M. Gaïd.
Ce dernier fait savoir également que le Snadep continuera de boycotter la vente du livre scolaire qui n’est pas des prérogatives des directeurs du primaire. Il regrette que ces derniers s’occupent à la fois de la gestion administrative, pédagogique des établissements scolaires, mais aussi des programmes et des ressources de l’école, de la formation continue de ses enseignants.
Le syndicat réitère sa revendication portant séparation de l’école primaire de la gestion des Assemblées populaires communales et son rattachement au ministère de l’Education nationale, à l’instar des collèges et des lycées. Il exige, également, la réhabilitation du poste de directeur, l’affectation des agents d’administration, le droit à la retraite proportionnelle et le droit au logement d’astreinte.