Les directeurs de l’enseignement moyen brandissent la menace de grève. Le bureau national du Conseil national autonome des directeurs de l’enseignement moyen (Cnadem) s’est réuni samedi dernier, à Djelfa, où il a passé en revue l’actualité du secteur et du monde de travail.

PAR MILINA KOUACI
En effet, le Cnadem s’est exprimé à son tour sur les projets de loi relatifs aux modalités d’exercice syndical, au règlement des conflits du travail et au droit de grève, actuellement examinés à l’Assemblée populaire nationale. Le Cnadem a appelé à la consolidation des acquis liés à l’exercice syndical.
Si plusieurs syndicats ont appelé au retrait ou à la révision des projet de loi, jugés « attentatoires aux acquis syndicaux », « anticonstitutionnels » et « contradictoires avec les conventions internationales ratifiées par l’Algérie » et en contradiction avec les lois de la République et les acquis d’exercice consacrés par les lois 14/90-02/90, le Cnadem indique que le projet de loi « porte atteinte » aux acquis syndicaux.
Le syndicat a également appelé à la promulgation d’une loi qui protège le personnel du secteur de toutes les formes de violences (verbale et physique). Une revendication remise au goût du jour suite aux nombreux cas d’agression, signalés depuis le lancement de la rentrée scolaire, contre les fonctionnaires des écoles.
Dans un autre contexte, le syndicat exige d’augmenter la prime d’encadrement des examens officiels et concours professionnels. Les directeurs de l’enseignement moyen et secondaire portent, en effet, la même revendication et ont menacé à maintes reprises, de boycotter l’encadrement des examens de fin d’année (BEM et baccalauréat). Le Cnadem demande également, d’instituer une indemnité, pour la distribution du livre scolaire aux élèves démunis et enfants du personnel du secteur. Cette année, plusieurs sections locales du Cnadem ont annoncé le boycott de l’opération de vente scolaire et se sont contentés de « prendre le quota » destiné à la distribution « gratuite » aux élèves « démunis et des enfants du personnel de l’éducation », tout en demandant d’instituer une prime pour cette opération.
S’agissant de la situation sociale, le syndicat réclame de relever la valeur du point indiciaire à 100 DA. Il demande également de revenir à la retraite sans condition d’âge et d’ouvrir le dossier de la médecine de travail.

Statut particulier, des mises en gardes
Il y a deux semaines, le projet de loi portant statut particulier des corps spécifiques de l’éducation a été remis à la commission ad hoc du gouvernement pour examen et ce, quelques jours après l’avoir soumis à la direction générale de la Fonction publique. Les syndicats de l’Education n’ont toujours pas décortiqué le projet de loi et ne cessent de mettre en garde du maintien des « dysfonctionnements » ou de ne pas rendre justice aux corporations « jugées lésées ».
Le Cnadem qui s’est, pour rappel, retiré de la commission chargée de l’élaboration du nouveau statut particulier, impute au ministère de l’Education la responsabilité de « l’atermoiement et la tergiversation » dans la promulgation du statut particulier. Il met en garde la tutelle de ne pas prendre en charge les revendications des directeurs des écoles du cycle moyen dans le nouveau statut particulier, notamment la classification, et menace de recourir à la protestation si ses doléances ne sont pas prises en charge.
Il en est de même pour le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) qui a dénoncé le retard pris dans la promulgation du statut particulier. Ce texte devant régir le parcours professionnel des travailleurs du secteur n’a pas été soumis au partenaire social pour son enrichissement avant sa finalisation. Plusieurs syndicats ont exprimé leur « refus » au projet, tant qu’il n’a pas été soumis aux syndicats. Le ministère a présenté aux syndicats autonomes, le 26 novembre dernier, un exposé synthétisé de ce qui a été fait par la commission chargée du dossier sans dévoiler plus de détails sur la question des classifications.
En dépit des « réserves » des syndicats, le ministre de tutelle Abdelhakim Belabed a indiqué que le statut particulier répond aux exigences sociales, professionnelles et pédagogiques de l’enseignant. Il comporte plusieurs nouveautés en faveur des employés, notamment de l’enseignant. Il a cité entre autres la classification, la réduction du volume horaire des trois cycles, la dispense des travaux non pédagogiques et la réinstauration de l’autorité pédagogique de l’enseignant ainsi que la création de poste d’enseignant chercheur.
Pour rappel, ce dossier a été ouvert sur instruction du président de la République Abdelmadjid Tebboune. L’objectif était d’améliorer la situation socioprofessionnelle du personnel du secteur, notamment de l’enseignant. n