Le Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep) estime que la reconnaissance par le ministre de l’Education nationale de l’existence de problèmes relatifs à l’organisation scolaire témoigne de la situation de «pourrissement» qui prévaut dans les écoles du cycle primaire.
Dans une déclaration à Reporters, le président du Snadep, Abdelkrim Gaïd, qualifie de «point positif» les propos du ministre de l’Education Mohamed Ouadjaout, qui a évoqué, lors d’une conférence par visioconférence organisée avec les directeurs de l’Education de wilaya, l’existence de difficultés et d’anomalies dans l’organisation scolaire, appelant ainsi son partenaire social et les acteurs de l’Education à débattre de ces difficultés et à soumettre des propositions pour y remédier. «Le Snadep a accueilli favorablement l’appel lancé par le ministre de l’Education en vue de se concerter pour trouver des solutions aux problèmes et aux dysfonctionnements dans les établissements d’enseignement plus d’un mois après le lancement de l’année scolaire». «La situation catastrophique des écoles primaires témoigne de l’absence et de l’incompétence des collectivités locales à gérer ces établissements d’enseignement», selon notre interlocuteur qui leur reproche de «ne pas honorer leurs engagements». Le syndicaliste appelle, encore une fois, à «libérer les établissements du cycle primaire de la gestion des collectivités locales. Une revendication qu’a soulevée le syndicat lors d’une action de protestations organisée lundi dernier devant les directions de l’éducation des wilayas. Notre interlocuteur explique toutefois que les chefs d’établissement n’ont pas de problème avec le ministère de l’Education mais avec le maintien des écoles primaires sous la gestion des collectivités locales. «Nous souhaitons que le primaire devienne une institution d’enseignement autonome comme les collèges et lycées qui sont sous tutelle du ministère de l’Education», clame M. Gaïd. «L’anarchie et la confusion régnant dans les écoles du primaire expliquent simplement que les groupes locaux n’ont pas accompli leur mission et qu’ils ont échoué à mettre à disposition des écoles des moyens de prévention et de lutte contre la propagation de coronavirus», a-t-il ajouté. Sur le volet pédagogique, le ministre a invité ses partenaires sociaux à présenter un bilan préliminaire pour l’organisation de la scolarité, en vue de parvenir à des solutions, dont l’équilibre du nombre des groupes éducatifs assignés à chaque enseignant. Il a également exhorté les proviseurs ainsi que les inspecteurs à examiner les difficultés soulevées par les enseignants pour trouver les solutions adéquates. «Notre syndicat a émis, en date du 27 septembre dernier, des propositions dans ce sens, mais qui ne sont pas prises en considération», indique le président du Snadep. «Nous avons appelé à la révision du programme scolaire, du calendrier hebdomadaire et du volume horaire des enseignants», dit M. Gaïd. Il précise que son syndicat a également demandé de se baser sur l’enseignement des matières fondamentales, tels que les langues arabe, français, tamazight, les mathématiques et l’histoire-géographie. «L’enseignant et l’élève sont sous pression, il faut régler le problème lié au volume horaire», dira encore M. Gaid. «Ce n’est qu’en allégeant le programme pédagogique qu’on pourra terminer le programme scolaire et éviter, en parallèle, l’épuisement de l’enseignant, de l’élève et du directeur», poursuit- il, en précisant que le volume de travail des proviseurs, qui était de 30 heures par semaine, a doublé dans cette conjoncture de coronavirus et atteint les 60 heures par semaine. <