Les établissements du cycle primaire de l’Education nationale ont renoué, hier, avec le mouvement de grève dont le taux de suivi a été estimé à 80 %, selon des membres de la Coordination des enseignants grévistes qui s’attellent à préparer la marche nationale prévue le 17 février. Ce énième débrayage est le premier depuis que la coordination a apporté un changement dans ce mode d’action, passant d’une grève de trois jours chaque semaine à un seul. En effet, la Coordination des enseignants grévistes a tenu ce lundi une journée de protestation nationale avec un arrêt de travail accompagné de rassemblements locaux devant les directions de wilaya de l’Education nationale dans ce qui peut être un tour de chauffe, en prévision de la marche annoncée comme le couronnement d’un débrayage qui dure maintenant depuis le 6 octobre dernier. Contacté hier par nos soins, Lotfi Mehargua, coordinateur national de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, parle d’un taux d’adhésion très appréciable qui encourage les grévistes à maintenir la pression sur la tutelle. La coordination qu’il représente, qui fonctionne pour l’instant à travers une direction collective formée d’environ 50 membres nationaux dans les différentes wilayas, ne s’est jamais prononcée depuis le début de cette grève cyclique sur le taux officiel d’adhésion. Dans la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, environ 300 enseignants ont tenu un sit-in devant la direction locale de l’éducation, toujours, selon des indications fournies par le même intervenant. Dans un autre volet, les coordinateurs nationaux de cette organisation syndicale sont à pied d’œuvre pour peaufiner les derniers préparatifs en vue d’organiser une marche nationale des enseignants du primaire le 17 février à Alger. «Cette marche débutera devant l’annexe du ministère de l’Education nationale à Ruisseau (Alger) avant de prendre l’itinéraire vers le siège de la tutelle à El Mouradia (Alger). « Les échos que nous avons montrent qu’il y a un fort engouement de la part des enseignants pour participer à cette marche nationale », nous affirme Yacine Khelifi le coordinateur national de la wilaya de Médéa. La Coordination nationale des enseignants du primaire a réduit, depuis cette semaine, la durée de sa grève cyclique de 3 jours à un seul par semaine et ce pour trois semaines consécutives. Elle a justifié cette décision par le fait qu’elle voulait donner « un moment de répit aux enseignants pour se regrouper et mieux préparer la marche nationale, notamment après l’enregistrement d’un certain recul de la contestation durant ces dernières semaines ». Dans les revendications de cette catégorie professionnelle, on trouve notamment la suppression des tâches non pédagogiques ou à défaut bénéficier d’une compensation matérielle adéquate ainsi que l’application avec effet rétroactif du décret présidentiel 14- 266 qui attribue l’échelon 12 aux enseignants du primaire en attendant d’arriver à une « unification des classements avec les autres paliers de l’Education » comme le veut la même coordination.