Par Milina Kouaci
Les salaires impayés continuent d’envenimer les relations entre les contractuels de l’Education nationale et leur tutelle. Cette situation qui traîne a ainsi poussé la Coordination nationale des enseignants contractuels à monter au créneau pour réclamer la régularisation de la situation des contractuels qui n’ont pas encore perçu leurs salaires depuis des années, exigeant ainsi le paiement «immédiat» des arriérés de salaires de tous les contractuels.
«Ce problème épineux donne lieu à des actions de protestation dans plusieurs wilayas», indique Mustapha Kassad, porte-parole de ladite Coordination, lequel souligne que les enseignants observent chaque semaine à Tiaret, une action pour réclamer leurs salaires». M. Kassad tient à faire savoir que ceux des wilayas de Djelfa et de Sidi Bel-Abbès n’ont pas perçu leurs salaires depuis 2018. A en croire notre interlocuteur, les salaires impayés sont réglés uniquement au niveau d’Alger, ou le Trésor public a versé les impayés, à l’exception du premier trimestre de l’année scolaire 2020-21. En revanche, la situation des arriérés des salaires de contractuels constitue une préoccupation pour le personnel enseignant qui se sent «marginalisé». Pour lui, les contractuels sont ballotés entre les directions de l’Education et le Trésor public. «Les directions de l’éducation nous ont signifié que nos dossiers sont transférés au niveau des Trésors publics locaux.
Mais au niveau de ces institutions, on nous dit que nos dossiers ne leur sont pas parvenus, d’où l’impossibilité de nous verser nos salaires impayés», regrette Mustapha Kassad. Ce dernier reproche au Secrétaire général du ministère, Boubaker Seddik Bouaza, de ne pas tenir ses engagements. «Il s’avère que ce ne sont que des promesses ressassées, nous sommes las», dénonce le porte-parole de la coordination des enseignants contractuels.
S’agissant du futur concours de recrutement sur titre dans le secteur, il sera annoncé, selon notre interlocuteur, après la proclamation des résultats des épreuves du bac. Cette année, la priorité dans le recrutement sera accordée exclusivement aux diplômés des Ecoles normales supérieures (ENS) à travers l’adoption de plusieurs mécanismes dont le détachement, en vue de permettre aux enseignants titulaires d’un diplôme d’enseignement dans le cycle secondaire d’enseigner dans les deux autres cycles, en conservant le même traitement dans le diplôme de fin d’études obtenu. «Le fait de privilégier des normaliens va inéluctablement conduire à notre exclusion de plusieurs matières», estime M. Kassas. «C’est pour ces raisons que nous réclamons depuis toujours une intégration directe sans passer le concours de recrutement», plaide notre interlocuteur d’autant que «le nombre de postes vacants sera largement inférieur» à celui des contractuels.
Cette corporation de 12 000 enseignants réclame «le droit et la priorité d’être recrutée dans les postes vacants», sachant que les dispositions de l’article 80 de l’Ordonnance 06-03 du 15 juin 2006 portant statut particulier général de la Fonction publique stipule qu’un employé contractuel n’a pas le droit d’avoir le statut de fonctionnaire ni le droit de s’intégrer parmi les différentes catégories de la Fonction publique sans passer par un concours de recrutement.