Les conseillers d’orientation de l’Education nationale, affiliés à l’Unpef, ont fait grève au niveau national, non sans tenter de tenir, hier, un sit-in devant le siège du ministère de l’Education nationale à Alger. Evidemment, sans succès, empêchés dans leur action par les forces de l’ordre.

« Notre sit-in a été avorté avant même qu’il ne commence », a déploré le président de la commission nationale des conseillers d’orientation de l’éducation, Saïdi El Hachemi, rencontré hier sur place. Témoignant que dès les premières heures de la matinée, « plusieurs syndicalistes ont été arrêtés au niveau des gares routières et ferroviaire, notamment au Caroubier et à Agha ». Pour ceux qui ont réussi à atteindre le ministère, ils se sont heurtés à un important dispositif sécuritaire. « Nos collègues ont été arrêtés et embarqués dans des bus de l’Etusa en direction des gares », a encore témoigné le syndicaliste. Malgré l’échec du sit-in, qui avait pour but de faire pression sur la ministre de l’Education nationale et ainsi « faire entendre la voix de cette corporation marginalisée », selon le président de la commission, la grève déclenchée a connu un taux de suivi important, plus de 70%  à travers les lycées et les collèges du pays, a rapporté M. Saïdi. Il fait savoir qu’une assemblée restreinte a été organisée au siège de l’Unpef pour étudier la situation et voir « comment continuer le combat ». Les protestataires dénoncent la dernière décision du ministère sur les promotions et les grilles salariales qui, selon eux, a consacré des changements pour toutes les corporations, sauf les conseillers de l’éducation. Cette nouvelle mesure a réduit les conditions d’accès pour cette  corporation « contrairement à nos revendications », a fait savoir le syndicaliste. « On réclame l’application du décret présidentiel 14/266», a rappelé M. Saïdi, en ajoutant que le choix d’une action nationale à Alger a été fait après le sit-in du 23 avril dernier au niveau des directions de l’éducation et en réponse au mutisme de la ministre qui nous a obligés à « recourir aux contestations pour faire parvenir nos préoccupations aux autorités concernées ».  Cette corporation espère, en effet, interpeler le ministère de tutelle sur « l’inégalité et la discrimination » dont elle se dit victime par rapport aux autres collègues de l’éducation. Pour ces raisons, les grévistes exigent la création d’un statut particulier pour pouvoir accéder à des grades supérieurs, comme  « conseiller d’excellence » ou inspecteur d’orientation et de guidance scolaire et professionnelle. Pour leur part, les personnels des services économiques ont, eux aussi, organisé hier des sit-in devant les directions de l’éducation pour dénoncer, au même titre que les conseillers d’orientation, les nouvelles classifications.
Ils ont menacé de faire grève à l’échelle nationale les 8, 9, 14 et 15 mai. La grève du 9 mai sera accompagnée de sit-in régionaux dans trois wilayas, Sétif, Saïda et Aïn Defla.   

L’Unpef défie le ministère du Travail
Il faut savoir que l’action de l’Unpef intervient quelques jours après l’annonce, par le ministère du Travail, de la liste des 17 syndicats représentatifs, sachant que l’Unpef  n’y figure pas. En conséquence, il n’a pas le droit d’organiser des grèves ni d’actions de protestation, ni même de participer aux négociations avec les autorités. Mais les syndicalistes ont rejeté ces mesures et décidé tout de même de continuer leur activité syndicale. Selon le président de l’Unpef, Sadek Dziri, la dernière mesure du ministère de Travail est « illégale» parce que « notre syndicat est majoritairement représentatif avec 160 887 adhérents ».  Il estime que le ministère du Travail a classé les syndicats qui ont déposé des dossiers et non ceux qui sont représentatifs, et d’affirmer que son syndicat « n’a pas peur de ces mesures arbitraires » qui visent à « limiter le droit syndical ». « C’est la justice qui va trancher cette affaire », a encore fait savoir le président de l’Unpef, en expliquant que le ministère du Travail n’a pas le droit de désigner un syndicat représentatif ou non.