D’année en année, le nombre d’enfants scolarisés augmente. Cette tendance a même accéléré ces dernières années portant le total des élèves évoluant dans les trois paliers de l’éducation à 9 561 350 inscrits durant l’année scolaire 2019-2020, soit une augmentation de 3,8% par rapport à 2018-2019, indique un rapport de l’Office national des statistiques (ONS), précisant que pour la seule année 2019-2020, quelque 349 710 nouveaux élèves ont été inscrits dans les établissements scolaires, soit une hausse de 3,8% par rapport à l’année précédente.

Le même rapport souligne que le taux de féminisation a atteint 49% pour les trois cycles dont le gros des élèves est représenté par les élèves du primaire (54%), tandis que le reste est réparti entre le moyen et le secondaire.
Quant aux enseignants, leur nombre a atteint 473 166 durant l’année scolaire 2019-2020 contre 478 985 l’année d’avant, enregistrant ainsi une légère diminution de 1,2%, poursuit la même source. S’agissant des établissements scolaires, les données de l’Office ont relevé que le secteur de l’éducation comptait 27 426 établissements dont 19 308 écoles primaires, 5 630 collèges et 2 488 lycées.
En outre, la répartition par région maintient toujours la wilaya d’Alger en tête des inscrits au primaire. A elle seule, elle comptait, en effet, 355 323 élèves (+3,4%) sur un total national global de 4 669 417 élèves. Elle est suivie des wilayas de Sétif, Oran et M’Silla.
Pour l’enseignement moyen, le nombre d’élèves a dépassé les 3 millions (+4,8%), avec un taux de féminisation de 48%. Ce palier comptait 1 625 733 enseignants durant l’année dernière, soit 3 668 enseignants de plus par rapport à 2018-2019, fait savoir encore le rapport de l’ONS. Ces derniers exerçaient à travers 5 630 établissements, en hausse de 2,1%. Alger est également en tête des wilayas à forte concentration d’élèves du moyen, avec 9% de la population nationale évoluant dans ce cycle, suivie de Sétif, Oran, Blida et Batna.
Les indicateurs du cycle secondaire sont également en hausse. Le nombre d’élèves a atteint 1 262 641 (+39 968 élèves) avec un taux «important» de féminisation (58%). L’effectif des enseignants a totalisé 104 585 soit 2 306 nouveaux enseignants. De même pour les établissements, un nombre de 2 488 est répertorié, soit une hausse de 2,3%.
La wilaya d’Alger accapare toujours la première place avec 114 605 élèves (9% du total national), suivie de Sétif, Batna et Oran. S’agissant du taux féminin dans ce cycle à l’échelle nationale, l’Office note que Boumerdès et Skikda se positionnent en tête avec, respectivement, 62,33% et 62,20%.
Démographie galopante, classes surpeuplées
Si tous ces détails chiffrés livrés par l’ONS servent à mettre en avant les efforts consentis par les pouvoirs publics dans le secteur de l’Education nationale, ils ne manquent pas non plus de laisser la portée du fort ascendant démographique au niveau des bancs de l’école. Depuis plusieurs années, le pays enregistre un taux annuel de nouveau-nés qui franchit souvent le cap du million, et dont une bonne partie a déjà pris place dans les classes du pré-scolaire et du primaire, renforçant inexorablement les effectifs des élèves inscrits et imposant une prise en charge tout aussi renforcée en matière d’enseignants et d’établissements.
Ce qui semble bien se produire, si l’on se fie au rapport de l’ONS, lequel ne dit pas si son bilan concerne également les établissements scolaires privés et leurs nombre et effectifs aussi en très forte progression ces dernières années. Il reste, cependant, que s’ils tentent de suivre l’évolution chiffrée des élèves inscrits dans les écoles, ces efforts sont bien loin des normes de qualité que requiert aujourd’hui l’enseignement scolaire. Face à l’urgence de construire des écoles et de former des enseignants pour répondre à l’impact de la démographie sur l’éducation nationale, le gouvernement n’arrive pas, ou ne peut pas, faire plus que des établissements en carences flagrantes d’outils pédagogiques, des classes surpeuplées ou encore des enseignants souffrant d’une base de formation idoine, pour ne citer que ces données qui se dégagent d’une école évoluant sans mise en place d’une transition démographique durable et profitable aussi bien à l’éducation qu’à d’autres secteurs, à l’exemple de la santé.
Pour rappel, les derniers chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) font état d’une population algérienne qui aurait atteint 43,9 millions d’habitants au 1er janvier 2020, contre 43 millions d’habitants au 1er janvier 2019, se basant sur une projection faite sur les statistiques de l’évolution démographique de 2018 qui avait atteint près de 42,6 millions d’habitants en date du 1er juillet. Le rythme des naissances vivantes par an est de près de 1,1 million, avec une forte prédominance du nombre enregistré dans la capitale.
En effet, en termes de naissances vivantes par wilaya, le dernier recensement confirme une nouvelle fois la forte concentration de la population dans le nord du pays, avec Alger en tête de liste (1,02 million), suivie de Sétif (53 328), d’Oran (41 285), de Constantine (38 112) et Batna (36 808). Par ailleurs, au vu des statistiques de l’ONS, il en ressort que la seule transition démographique qu’a connue le pays a eu lieu durant les années 1990, période durant laquelle a été enregistré un taux de naissance en constante baisse. Mais la reprise a repris de plus belle à partir de l’an 2000, avec un rythme soutenu qui a atteint les 2% par an à partir de 2009. n