Ajournée par l’urgence sanitaire due à la pandémie du coronavirus, la reprise des cours pour le troisième trimestre de l’année scolaire 2019/20 a emprunté, depuis hier, la voie du numérique où sont désormais dispensés les cours dans ce qui marque manifestement une nouveauté dans le mode de l’enseignement.

PAR NAZIM B. et AZIZ LATRECHE
En effet, depuis hier, c’est-à-dire jour de la reprise prévue des cours dans les établissements, a eu lieu la diffusion via la Télévision publique les cours pilotes du troisième trimestre de l’année scolaire 2019/20 au profit des élèves de 5e année primaire, 4e année moyenne et 3e année secondaire, les niveaux concernés par les examens de fin de cycle.
Cette option vient «en concrétisation du plan d’urgence tracé par le ministère de l’Education nationale dans le cadre des mesures prises pour faire face à la suspension des cours dans le cadre de la lutte contre la propagation de coronavirus en milieu scolaire«, a indiqué dans ce sens le ministère dans un communiqué rendu public.
La même source a précisé que le programme pour le cycle secondaire sera diffusé dimanche et mercredi de 12H30 à 13H, pour le cycle moyen, lundi et jeudi de 12H30 à 13H et pour le cycle primaire, mardi de 12H30 à 13H.
Le vendredi, le programme sera diffusé de 15H à 16H pour les cycles primaire et secondaire alors que le samedi, il sera diffusé pour les élèves du cycle secondaire de 12H30 à 13H.
Selon le calendrier rendu public par le ministère, ce programme sera diffusé sur la Chaîne 1 et 6 et rediffusé quotidiennement de 16H à 16H30 et samedi de 17H à 18H sur la Chaîne 4.
Parallèlement à cette diffusion sur les Chaînes de Télévision publique, les cours sont mis sur YouTube par paliers. Contacté par nos soins, le président de l’Association des parents d’élèves, Khaled Ahmed, a salué l’initiative estimant qu’elle est de nature à «permettre un continuité des cours de façon à pouvoir accomplir le programme pédagogique du troisième trimestre».
Le même responsable, s’il estime que les cours en classe ne peuvent être remplacés car ils permettaient à l’élève d’émettre des interrogations et d’échanger avec ses enseignants, le recours à ce mode à distance est un «mal nécessaire« au vu de la conjoncture.
Et s’il est prématuré de juger le véritable impact de ce mode qui fait ses premiers pas dans le secteur de l’Education, la famille de l’éducation, entre enseignants, élèves et parents, s’interroge sur la durée de cet enseignement à distance. La tutelle semble ainsi prendre ses précautions dans le cas où la situation sanitaire exigerait le maintien de ce mode d’enseignement.
Le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, a annoncé ce qu’il a qualifié d’une mouture de plan de contingence en cas de prorogation ou de levée de confinement, faisant part de son «engagement« à impliquer les différents partenaires sociaux dans toute décision.
M. Ouadjaout a en effet indiqué, dans un message adressé aux personnels du secteur, que le ministère de l’Education nationale «a élaboré une mouture de plan de contingence aussi bien pour le cas de prorogation que de levée du confinement«. Relevant que l’objectif est «de trouver les solutions adéquates notamment en ce qui concerne les examens scolaires et l’organisation des travaux de fin d’études«, M. Ouadjaout a souligné qu’aucune décision ne sera prise sans l’association des différents partenaires sociaux.
«Quelle que soit la décision à prendre au sujet de cette question sensible, elle ne sera pas unilatérale mais consensuelle avec l’ensemble des partenaires institutionnels et sociaux«, a-t-il déclaré, affirmant que «l’avenir de nos élèves, notamment des classes d’examen, fait l’objet d’une attention et d’un intérêt majeurs«.
Par ailleurs, le ministre a rappelé les mesures prises pour s’adapter à cette situation, des mesures, dit-il, qui «ne peuvent remplacer les cours en classe mais contribuent à garantir le service minimum pour la continuité de l’enseignement au profit des apprenants, à l’instar de ce qui se passe dans tous les pays du monde«.
«Pour la première fois, des cours de soutien seront dispensés sur YouTube via 17 points de diffusion au profit des élèves des trois cycles, à raison d’un point de diffusion par niveau«, a noté le ministre de l’Education nationale. Concernant les élèves ne disposant d’aucun moyen de TIC, le ministre a mis en exergue «l’enregistrement, en coordination avec le ministère de Communication, des cours sur les Chaînes de Radio nationale et locales pour leur permettre de suivre leurs cours au même titre que leurs camarades dans les autres régions du pays, par souci d’équité et d’égalité des chances«.<